46 réflexions sur « Filtre »

  1. Dis, ta mélodie ondule et domine
    La douce voix d’Ondine,
    Elle s’élève puis se mêle et s’emmêle
    A la blonde chevelure d’Isabelle.

    Tes vocalises s’harmonisent
    Aux désirs d’Elise,
    Elles se font tendres pour atteindre
    Cassandre qui demeure hors du temps.

    Ta danse enlace Bérénice
    Qui hélas est si lasse,
    Elle oscille sur les cils de Cécile
    Endormie au milieu de son lit.

    Ta valse va et vient comme une vague
    S’évadant du ventre d’Eva qui rêve.
    Légère, elle émerge des berges
    De la rivière de Bérengère.

    Tes accords plaqués s’accordent
    Avec le corps de Corinne,
    Et Annie a l’air enivrée
    A l’idée d’animer cet air-là.

  2. tout cela est au poil
    et ces cils vibratiles ou pas
    sensoriels et tensoriels
    ne sont pas le fruit d’un calcul
    mais d’une évolution
    ils discernent et détectent
    et s’ils retiennent et agglomèrent
    ils sélectionnent et actionnent
    ce sont des sémaphores

  3. S’il en fut différemment
    pendant de longues périodes
    jamais l’indifférence
    ne régna ni ne passa par moi
    d’un signe, d’un battement,
    la vie reprenait son cours et son droit
    et pourtant le temps érode
    mais c’est un autre épisode
    et nous avons une pilosité
    comme une extension ramifiée
    qui alerte et renseigne
    nous dresse aussi et nous protège

    quel plaisir et bonheur de vous retrouver et de vous avoir!

  4. le filtre est au bout
    oui mais de quoi
    et sommes nous à bout ?
    Suivons le fil
    oublions le titre
    et ne laissons passer
    que la bonne humeur

  5. sans fifre ni tambour
    le filtre s’encrasse et se bourre
    le colmatage est à l’usage
    le seul inconvénient
    et c’est dans l’atténuation
    que se situe l’action
    ultra fins ils ne laissent passer
    que certains ions, molécules ou virus
    la barrière de l’écho raille
    c’est l’exclusion stérique
    mais ce n’est pas soporifique

  6. C’est joli ce que tu as écrit Annick à 14H45 et de plus agréable à lire

    L’hiver grignote l’ombre
    Quelques feuilles qui s’envolent
    Contre un peu de soleil

  7. Combien d’images
    Sélectionnées, répertoriées ?
    Combien de mots et d’idées
    Retenus, exprimés et chantés ?
    Combien de pensées
    Savamment filtrées
    Au tamis des émotions ?
    Chez notre Orpailleur de beauté
    D’harmonie et de poésie ?
    C’est une grande richesse
    Une manne de bonheur !

  8. A travers le rideau
    La lumière s’infiltre
    La lune s’amuse
    Les ombres dansent
    Le vent souffle
    un roulement de tambour
    Semble venir de loin
    La nuit est claire
    Vivante et bruyante
    Je ne dors pas
    Le ciel dégagé
    Laisse voir les étoiles
    Mon chat miaule
    Au clair de lune.

  9. Vos yeux sont d’étranges clairières
    Longs cils de jais, ailes de corneille
    Vos yeux dans lesquels je me perds
    Entre les ombres et la lumière

  10. NB BHGVGHBVVVVVVVVVVVVVVV
    _____

    Comment décrypter
    le commentaire de Papyrus (mon chat),
    sans retouche, sans correction
    je suis repassée en mode minuscule,
    si les messages sont filtrés,
    celui-ci passera-t-il ?
    morceau à quatre pattes
    entre les poils et les moustaches,
    hermétique à sa poésie,
    je n’ai pu comprendre
    que son bonheur d’être là où je suis,
    à la chaleur de la lampe
    sensible à la clarté de l’écran
    le tout accompagné d’un ronronnement
    en rapport avec le texte sans doute ?
    _____

    -;) Les VVVVV seraient-ils les pictogrammes des cils, à défaut de lire entre les cils il faut lire entre les lignes -;)

  11. Ohé les équipier(e)s ! Dans la foulée d’une photo et d’un haïku de haut vol, vous avez hissé la grand voile dans vos commentaires ! C’est ma-gni-fi-que de vous lire !

  12. il y a les filtres passe haut et passe bas (pas de laine)
    et ça vous squeeze des fréquences de signal et ça vous vrille des tympans
    et puis on va vers de l’infiniment petit
    pas pour que l’osmose inverse …nos consciences
    mais que le flux s’acheminent sans que ce soit la ruine
    de nos espoirs de pureté
    réparatrice et séparatrice
    elles ne nous attristent pas

  13. entrez, entrez, mais ne restez pas coincés
    il s’agit de remarquer le sur_lignage
    qui du bord du rivage nous allume des phares
    mais les paupières font de piètres prières
    avancez, avancez, il y aura toujours
    quelqu’un de bloqué, il faut agglomérer

  14. Quand souffle le vent
    Et que rien ne nous protège
    les yeux pleins de larmes

    Les cils peuvent bien s’agiter dans tous les sens, quand souffle le mistral, les yeux finissent par pleurer du sort qu’il leur inflige, on dit ici qu’on « parpelège », les paupières s’ouvrent et se referment comme les ailes d’un papillon essayant de ne rien laisser passer des poussières qui virevoltent dans l’air.

  15. pardon pas mis le bon texte à envoyer.

    Quand souffle le vent
    Et que rien ne nous protège
    Les yeux ont des larmes

  16. Tu marchais

    Parcourant la trace de la terre
    Où bruit l’obscur et l’incertaine qui repose

    Voici
    L’herbe enclave
    A cette pierre

    Ô fausse clarté de l’ascendance
    Don lumineux des pierres agissantes

    Dans quel achèvement
    Ne plus saisir

    Herbe franchie
    C’est un lieu de pierre nu

    Quelle trace y sais-tu
    Où les plaies sont larges dans la lueur

    Tu marchais

    La terre en perte rouge
    Attarde au dernier lieu sa dernière lueur

    Sur cette terre à gravir
    Ivre
    Improbable

    Où tu riais
    Par le gré incertain des sables

    Béatrice Douvre, Voix d’une autre année, 1986-1988, in Œuvre poétique, peintures et dessins, préface de Philippe Jaccottet, Voix d’Encre, 2000, p. 14.

    Belle semaine à tous et Ossiane en particulier

  17. Merci Mathilde pour ce beau texte de Beatrice Douve cette « elfe diaphane’ comme disait Jaccottet, jeune poétesse de grand talent trop peu connue, partie trop jeune,beaucoup trop jeune.
    Sur le blog « terre de femmes » j’avais gardé ce texte en juin 2010 que je me permets de reprendre pour vous :

    NUIT BRISÉE

    Nuit brisée, d’âmes grises, de corps doubles, endoloris de songes, au point du jour.
    Le vent ancien dans le feuillage, vert pâli de la sève, le cœur enflé au fond des eaux, comme un nageur dans l’ombre.
    Et la pierre pétrie de la main pauvre, et des doigts jaunes des voyages, du tabac blond des Indes pires.
    Tes yeux de laine et de limons épandent des bruits d’eaux prénatales. S’ils s’ouvrent au monde, une lueur bleue météore les blesse.

    Tu saignes de cécité, de pleurs rivaux, je guide ton errance sertie de sable rouge.
    Nuages, et ton corps est un début de désert gris de peau, mué d’ossements de bêtes ancestrales.

    Une éclipse d’oiseaux devient le vert présage de tes verdures futures ; et les cieux sont couverts aux confins étoilés…

    Dieu poudroie.

    Je suis bénie d’arroche et de tombeaux, afin que naissent en toi, blessé, l’imperfection, et l’agonie, le cri gemmé de la nature ; afin que s’éprenne l’eau de ton visage…

    ébauche d’une bouche au béant de la source.

    Béatrice Douvre, Poèmes, L’Arrière-Pays, Auch, 1998, page 38.

  18. Laissez passer entre vos cils
    Les larmes trop amères
    De la douleur et de la peine.
    Laissez passer dans votre regard
    La lueur de l’espoir
    Qui laisse croire en la vie,
    Et sous le voile de la peur
    Laisser passer la lumière
    Elle jaillit dans les ténèbres.
    Un filtre au bord du cœur
    A pouvoir de transcender toute attente.
    Sur la margelle du temps
    La patience aura raison
    De l’inespéré inavouable,
    D’un rayon de soleil
    Egaré dans un ciel d’hiver
    Qui trouvera sa place
    Dans les brumes du destin

  19. s’il est un passage
    par où se perpétuer
    à quatre pattes
    ou par dessus les houpes
    je le saurois bien
    avec de surcroît
    le défilé lent
    du battement des mains

  20. se rejoignent
    et se tissent
    une maille à l’endroit
    une maille à l’envers

    les capacités d’un velin blanc
    dd s’arrimer
    à la connaissance des contextes

  21. Ton visage masqué
    Une mèche sur ton visage
    Un demi-sourire

    La haie de bambous
    Quelques traits sur la colline
    Discordances d’hiver

  22. qui dit filtre, dit modèle de pensée, mise à l’écart
    mais aussi limitation à l’entendement
    où est la grande ouverture qui permet de tout voir

  23. Tout voir et tout entendre Thierry entièrement d’accord mais

    Qui dit filtre, dit faire la part des choses
    Ne pas tout avaler, tout ingurgiter
    Discerner et « séparer le bon grain de l’ivraie »

  24. filtre spatial et temporel; pas seulement verbal et de contenu
    mettre de la distance et temporiser et travailler la patience
    qui annonce la sagesse ou son début

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