漁師 Pêcheur

titre

Un homme debout sur la courbe des vagues, cueilleur d'étoiles

Un homme debout sur la courbe des vagues, cueilleur d'étoiles

Lecture du Haïku Calligramme: verticales, courbe

Un homme debout
sur la courbe des vagues
cueilleur d’étoiles

Photo prise sur la plage de Galéria en Corse. Voir la Carte de Corse  

漁師 signifie « pêcheur » en japonais

145 réflexions sur « 漁師 Pêcheur »

  1. Il y a toujours

    dans l’ombre

    celui qui regarde

    Il y a

    à l’heure changeante

    l’inconnue d’un jour, d’une nuit

    au vrai regard fixe

    Il y a

    le chemin de rive

    falaise d’orfèvre
    l’obscure est fragile
    le reflet m’attire

    Il y a

    des lignes de rides
    la statue d’ébène

    le pêcheur infime

    et la liberté
    la mort est certaine

  2. tapie dans le noir,
    je le regarde, lui,
    qui pèche pour moi
    un peu de la sérénité
    tendue vers nous
    par cette immense courbe
    de beauté.

  3. magnifique photo qui me transporte si bon,
    un haiku si tendre que je l’épuisette belle,
    et un bel calligramme pur et de ligne douce..

  4. Comment peux-tu faire pour jongler avec le sable?
    Faire sourire les serpents,
    rechercher les mots des ancêtres oubliés dans le vent?
    Pêcher la lune
    dans la méditerranée?
    L’astre d’or
    dans la fin des jours?
    Comment peux-tu faire pour jongler avec le sable?

  5. Tout est calme
    Le grand paisible
    Le murmure des coeurs
    Qui battent en ailes délicates
    Pas un bruit

    IL
    se retourne

    Et lui dit
     » Mon Amour, je t’Aime
    Comme l’infini
    Posé au bout de mon fil
    Sur ma canne à pêche du temps
    Tu es ma précieuse étoile
    Mon Aimée de mes bras
    Je t’aime, ma chérie!  »
    Et grâcieuse

    ELLE
    se lève

    Ses pas sculptent le sable
    Et l’entoure de ses mains
    Se niche et son baiser
    IL d’ELLE devient

    EUX
    en OoOor

    Ils s’aiment sur le fil du temps

  6. j’observe la nuit
    des pierres et des silences
    la nuit du fleuve
    et des errances
    l’amante aimée
    dans son atelier glisse
    sur la toile son pinceau
    pour tisser sur demain
    des mots à venir

  7. Posé debout
    Sur l’arc de son cil
    Il est paisible
    Elle ouvre ferme
    Ses yeux
    Et les ondes
    L’ondulent
    Bel
    Son Amour

  8. Nappe dorée …sillons brodés pour un effet singulier…rêves irisés ….silhouette fragile à la lisière d’une lune décrochée….ligne de vie plongée dans un monde éloigné…à quoi pense t il ?…
    C’est une belle année….photos éblouissantes de beauté…atmosphère douce…empreinte de sérénité…Et ces mots sur le Blog….!!! Hier ..en les effleurant…je me suis retrouvé …sur une vague…nageant au milieu de poissons argentés…allures vives et trajectoires parfois déjantées…émotions si fortes que votre coeur se met à crier…Et avant hier…avec nos deux fils..leurs compagnes…pour un moment de bonheur inégalé…et avant..avant hier..avec mon épouse ..au théâtre..pour accompagner la nouvelle année…Et ces SMS…qui arrivent en ordre dispersé…Ces je t’M…qui vous emportent..
    A quoi pense t il ?..A cet instant..à ces visages « sur la courbe d’une vague »…d’un écran…A ces poèmes que je pêche avec volupté…au moment présent que j’aime et qui me fait voyager…à Ossiane et son « Oeil ouvert »…

  9. Magnifique Ossiane

    Quelle belle idée ton dernier calligramme que je n’avais point vu cette nuit… y était-il ?
    Un régal ce matin de lire ces magnifiques écrits, de plumes que j’aime tant…

    Sur le bord du monde
    Près de l’aile du silence
    Un homme attend
    La venue de l’ange

    — à vous belle journée

  10. ___

    Ossiane : photo, haïku, calligramme … fabuleux.
    _

    En solitude
    Face à un océan d’or
    Etre pépite
    ___

  11. un peu plus loin,
    sur un point de la courbe,
    rentrer dans l’eau,
    se couler en troublant,
    un peu, très peu,
    l’ordre du friselis,
    et venir en silence
    taquiner le bouchon.
    Le calme se cassera-t-il ?

  12. ___

    François : fallait l’oeil d’un jardinier …expérimenté … pour apercevoir … la tulipe noire …

    Sourire.
    ___

  13. l’emprunte de nuit
    pêche le reflet des éloiles
    l’ombre tapis dans le noir
    pêche les écailles du temps
    l’oeil invisible
    pêche le squelette d’éternité

  14. Sur les plages jouent les enfants du monde !
    Sur les bords du monde sans fin les enfants rêvent de plages sans fin .
    Sur tous les bords des monde grouillent les humains.


  15. Ossiane ..la vague roule sans bruit /au pied d’un pêcheur/extatique >)))

    A Bernard:

    La lumière profonde a besoin pour paraître
    D’une terre rouée et craquante de nuit.
    C’est d’un bois ténébreux que la flamme s’exalte.
    Il faut à la parole même une matière,
    Un inerte rivage au delà de tout chant.

    Il te faudra franchir la mort pour que tu vives,
    La plus pure présence est un sang répandu.

    Yves Bonnefoy « Anti- Platon »

    Très bon week end à tous.

  16. yaouhyaouh, comme j aime vous lire,
    c’est fort de Bonnefoy, Alix, merci..
    craquant de toi, Bourrache,
    et chacun…

    et comme je suis devant mon gros engin, et que les couleurs différentes, j y vois ceci..

    Elle
    DANS L OMBRE
    Lui
    DANS LA LUMIERE
    D’à travers lui
    DE SA LUMIERE A ELLE
    De l’ombre à la lumière
    LA LUMIERE NE BRILLE QUE DANS L OMBRE

    belle matinée, je me sauve doucement, en airs de fête, même si il est si froid dans le nord..bises bises de début janvier!

  17. ___

    A la lune … son Pierrot
    Au voyage … son Ulysse

    Au ciel … son Verlaine
    Au dormeur … son Rimbaud

    Au pêcheur … son Loti
    Au pécheur … son dieu

    Au soleil … son Rê
    A la sagesse … son Bouddha

    Au lac … Lamartine
    Aux animaux … La Fontaine

    A la mer … ses vagues
    Au rivage … son sable

    A l’air … son oiseau
    A l’arbre … le chant du vent

    Au poète … sa Muse
    A l’amante des mots … son Pygmalion
    ___

  18. conscient d’apporter une note de tristesse
    au milieu de temps de beauté

    assis au bord de lui même
    il regarde défiler sa vie
    depuis cette nuit qui n’en fini pas
    deci delà des éclats de lumière
    au parfum aigre doux d’éphémère
    presque iréel
    des fragments de bonheur éblouissants
    qui se ternissent sur ses vitraux sans teint de ses yeux
    ou coule les larmes de l’innocence.
    voyageur immobile sur le fil du temps
    son âme en équilibre perpetue, instable
    les bras et le coeur ouvert sur les fêlures du vide
    qui l’attire , l’effrai…
    il s’approche et réintègre son corps
    espérant admirer les prémices de l’aube
    sur ce monde a l’envers
    ou s’annonce le crépuscule
    avant que la lumière n’éclaire une partie du chemin….

  19. ___

    Marc : … affrête l’aile lisse de ton hélico …viens te poser dans ma prairie aux chevaux … on s’en ira baguenauder … avec mon indéfectible … ça nous fera un bien fou !
    ___

  20. Pêcheur

    Sur fond d’aquarelle
    Un pêcheur en quête d’elle
    A l’aube d’un été éternel
    Immobile, figé sur la grève
    Rêveur d’outre-ciels,
    Rêveur d’hirondelle
    Sur l’onde palpitent des reflets d’argent
    Papillons phosphorescents vifs-argent
    Vague à l’âme au bord du rivage
    Ancré dans ses pensées intimes
    Le pêcheur arrime vers des contrées d’idylles
    Comme poète à la dérive de ses rimes
    Poursuivi par la muse qui l’enivre
    Vague à l’âme au bord du rivage
    L’horizon se dessine en écume de vertige
    Le pêcheur, en quête d’elle
    Devint poisson ailé par amour pour elle
    Et l’onde apaisée ruissella d’étincelles

  21. Ossiane

    Bonjour…..pressée par mes obligations professionnellles, j’ai oublié de te dire que ton calligramme et ta photo étaient splendides de beauté…

    Bises à tous

  22. Georges Brassens
    LE PÊCHEUR

    On dirait un fanatique
    De la cause halieutique,
    Avec sa belle canne et
    Son moulinet.
    Mais s’il pêche, c’est pour rire,
    Et l’on peut être certain
    Que jamais sa poêle à frire
    Vit le plus menu fretin.

    La pêche, à ce qu’on raconte,
    Pour lui n’est en fin de compte
    Qu’un prétexte, un alibi –
    On connaît pis –
    Un truc, un moyen plausible
    De fuir un peu son chez soi
    Où sévit la plus nuisible
    Des maritornes qui soient.

    Avec une joie maligne,
    Il monte au bout de sa ligne
    Tout un tas d’objets divers:
    Des bouts de fer,
    Des paillassons, des sandales,
    Des vieilles chaussettes à clous,
    Des noyés faisant scandale
    Aussitôt qu’on les renfloue.

    Si, déçu par une blonde,
    Pensant faire un trou dans l’onde,
    Tu tiens plus à te noyer
    Qu’à te mouiller,
    Désespéré, fais en sorte
    D’aller piquer ton plongeon,
    De peur qu’il ne te ressorte,
    A l’écart de son bouchon.

    Quand un goujon le taquine,
    Qu’un gardon d’humeur coquine
    Se laisse pour badiner
    Hameçonner,
    Le bonhomme lui reproche
    Sa conduite puérile,
    Puis à sa queue il accroche
    Un petit poisson d’avril.

    Mais s’il attrape une ondine,
    L’une de ces gourgandines,
    Femme mi-chair mi-poisson,
    Le polisson –
    Coup de théâtre – dévore
    Tout cru le bel animal:
    Une cure de phosphore,
    Ça peut pas faire de mal.

    Quand il mourra, quand la Parque
    L’emmènera dans sa barque,
    En aval et en amont,
    Truites, saumons,
    Le crêpe à la queue sans doute,
    L’escorteront chagrinés,
    Laissant la rivière toute
    Vide, désempoissonnée.

    Lors, tombés dans la disette,
    Repliant leurs épuisettes,
    Tout penauds, tout pleurnicheurs,
    Les vrais pêcheurs
    Rentreront chez eux bredouilles
    Danser devant le buffet,
    Se faisant traiter d’andouilles
    Par leur compagne. Bien fait!

  23. Je dédie les lignes qui vont suivre à :
    Mon père,
    Son frère Jacques….

    En équilibre
    Sur le fil
    Le funambule
    Défie le vide

    En équilibre
    Sur la toile
    Il se raccroche
    Aux étoiles

    Entre clarté
    Et obscurité
    Le funambule
    Déambule
    A pas comptés

    Pêcheurs de Poissons
    De truites ou de bars
    Selon les occasions,
    Avec leur fil de nylon,
    Ils sont, avec grand art,
    Les funambules
    De l’hameçon !

    …et à feu mon Papé,
    … Spécialiste de la pêche « aérienne »
    Qui du haut de son étoile « accroché »
    Doit bien rigoler !

  24. La nuit est douce
    Comme un pêcheur
    Je viens lire vos mots,
    Déjà si beaux,
    Oui, la nuit va être douce!

  25. Longtemps regardant l’ horizon des rêves plein la tête et le jour s’ enfuit bien loin de moi en allé.
    Avec la nuit arrivée des pécheurs ,les habitués installent leurs cannes ,un signe
    quelques fois de la main en signe de  » connue  » et passe le temps le soleil est tombé dans la mer bien loin a lhorizon.
    Nuit noire la lune se léve et je vais me coucher.C’ était un jour de plaisir.

  26. Sur les quais quand les badauds on désertés .Des silhouettes se faufillent entre les grues .Certain échange un rapide « bonsoir ‘ le mégot a la bouche .La haut sur un cargo un juron.Chacun s ‘installe pour plusieurs heures. Pas un bruit la nuit est reine .Plus les quart de dockers l’ animation passagére Les pécheurs rêvent ils seront riche s ils seront armateurs, ou ils embaqueront avec la royale ,la marchande tu ne vois plus rien c’ est plus ce que c’ était.Je m’ étais assoupi demain je travaille il me faudra partir tôt .Courbaturée je m’ en vais ,on m’ offre une frture  » d’l’ a perche  »
    Avant de monter pour dormir  » tenez j’ ai de la friture  » pas un mot.Demain une fois de plus j’ irais au port pour rêver !
    Cela se passait il y a si lontemps Carco ou ses semblable racontaient des romans
    la TV serait fade apres de telles « ambiances d’ ailleur elle n’ existait pas .L’ imagination était notre seule distraction ,quand on n’ avait pas du tout envie de se trouver enfermée en famille.Dehors les réverberes qui donnait une dimension au décor même pas en troisieme .Seule dans la ville c’ était tout afait étrangenNous devions être en 1957.Je connais une amie de l’ Oeil qui n’ était pas née.Noisette.

  27. Quiétude
    La pêche est un prétexte
    Pour se dresser seul dans son habit de lune.
    Quiétude
    Le silence est à l’horizon
    Le silence de l’âme, celui qui le remplit,
    Lorsque l’instant est pur
    Et que l’harmonie du monde, le long de son souffle,
    Bat dans les tempes du temps.
    Quiétude
    Pourvu que le poisson ne morde pas,
    Pourvu que la ligne demeure un prétexte d’équilibre…
    Quiétude
    La nuit ouvre ses vers de poétique noir.
    Il est déjà si loin ;
    Sur son fil du dedans
    Il rejoint le reflet de lune
    En plongeant dans le puits clair de ses dieux intimes;
    Quiétude
    Les poissons dorment,
    L’étranger est parti
    Blotti au sein de son absence.

    La pêche sera bonne !

    (et un merci particulier à Maria D pour le pêcheur de Brassens, ah, le bonheur !)

  28. ___

    En écho aux souvenirs de Christine :
    _

    Et pensées à Pierre
    De mes enfants, le grand-père
    Dont c’est aujourd’hui l’anniversaire

    Il souffrait de cette maladie
    Dont on parle beaucoup
    Qui ronge les souvenirs des anciens
    _

    Je l’avais déposé un mercredi
    Chez une amie
    Comme tous les mercredis

    Lui avais dit : « A tantôt… »
    A cinq heures, le téléphone a sonné
    Je ne sais même plus qui…

    « Pierre a eu un malaise
    Faut que vous veniez »
    Devant la maison
    Ambulance et pompiers

    Et je l’ai trouvé
    Il avait glissé de sa chaise
    Un morceau de gâteau dans la bouche

    Sur la table
    Fumait encore la tasse de café
    Sur le sol
    La mort l’avait gobé
    _

    A chaque fois que vous quittez un être cher
    Ne fût-ce que pour un « tantôt »
    N’oubliez pas de lui dire
    Que vous l’aimez
    ___

  29. Bourrache,

    ….Séquence émotion….

    J’aime beaucoup les Frères Jacques…
    Et en plus, Papé jouait du piano,
    Papa et mon oncle Jacques en jouent aussi.
    Ma maman, comme ton grand-père,
    Est en passe d’oublier le fil de sa vie…

    ….. Une larme a coulé…..

    Bises à toi
    Christineee

  30. Superbe image, Ossiane ! Prenante et douloureuse, ardente et solitaire, entre l’effroi et l’émerveillement. Le vide immuable et l’intensité de la présence.

  31. ___

    Christine :

    on s’mélange les pinceaux, là …

    En résumé :

    – chez toi : il y avait Papé, il y a encore Papa, Oncle Jacques et … Maman (même avec sa vie dans la vague et dans le vague … tu l’as encore près de toi)

    – chez moi : je n’ai jamais connu aucun de mes grands-parents (le dernier est mort trois mois avant ma naissance).
    Pierre, vu mon alliance, était le grand-père de mes enfants.
    J’ai perdu mes parents, il y a bien longtemps.
    Mes enfants n’ont donc plus de grands-parents.

    Un petit dessin ?
    Je ne sais même pas dessiné un mouton…
    _

    Désolée, ça doit être l’émotion… j’aime mieux en sourire.
    ___

  32. seul devant l’ecran lumineux
    je repêche vos mots
    que vous avez mis a la mer
    et goute leur amertume
    leur gout d’enfance
    leur saveur d’existence
    arosé de quelques larmes
    aux couleurs sombre
    mais ce qu’il y a de fabuleux
    c’est qu’il peuvent repartir
    vers d’autre pêcheur
    et encore et encore
    offrir un morceau d’humanité
    aux gout inimitable de vie.

  33. ___

    Oh, Maria-D … tu sais peindre … trouver la musique … débusquer les mots …

    Petite Perle…

    Merci.
    ___

  34. Bien d’accord avec toi Maria. Et à propos de pêche à la baleine, je viens de terminer un superbe bouquin (j’en suis encore toute bouleversifiée) de Guy Goffette, « Auden ou l’oeil de la baleine » chez Gallimard:
    Le début évoque la glaciale rencontre de Auden avec les chasseurs de baleine sur la terre islandaise, cette terre baignée par un air si pur qu’on aurait pu croire que ces habitants se fussent changés en anges. Faux, faux et faux. Sang et humanité sauvage à même le roc :

    « Et même ce qu’il nous était impossible d’admettre à treize ou quatorze ans, et que nous n’admettons toujours pas : que ces paisibles géantes soient poursuivies jusqu’à épuisement, harponnées, massacrées sans merci au terme d’une lutte désespérée.
    non pour nourrir les affamés de la planète, mais pour la satisfaction gustative de quelques gros gourmets en mal de sensations inouïes ;
    et pour donner à quelques vieux, à quelques laides, l’illusion cosmétique de la jeunesse,de la beauté ;
    ou pour armer corsets et parapluies quand nous rêvions de chairs tendres et courions tête nue, dégoulinants et heureux de nous ébrouer comme des chiots;
    ou pour des brosses dont nous nous fichions comme de notre premier costume, des brosses et des paires de lacets…

    cela même n’y change rien, et pour nous les baleines à jamais sont bleues et dodues et gentilles, et dansent sur la mer, et notre colère est sans fond.
    Blanche et froide sans fond. »

    (jespère ce post n’est pas trop long…)

  35. Merci Johal… je ne connais point ce livre… mais tu me mets l’eau à la bouche et j’en note les références… ta baleine m’a ramenée à Moby-Dick que j’avais adoré étant enfant et aime à le relire de temps en temps…

    « Envoûtés, ils fixent la baleine, ils la regardent balancer de droite et de gauche son front, porteur du destin et contemplent le vaste demi-cercle d’écume que son élan soulève devant elle. Elle est la vision même du Jugement dernier, de la vengeance immédiate, de l’éternelle malice devant l’impuissance humaine. »

    Moby –Dick / Herman Melville

    et le marlin du vieil homme…

    « Tu veux ma mort, poisson, pensa le vieux. C’est ton droit. Camarade, je n’ai jamais rien vu de plus grand, ni de plus noble, ni de plus calme, ni de plus beau que toi. Allez, vas-y, tue-moi. Ça m’est égal lequel de nous deux qui tue l’autre. Qu’est-ce que je raconte ? pensa-t-il. Voilà que je déraille. Faut garder la tête froide. Garde la tête froide et endure ton mal comme un homme. Ou comme un poisson. »

    Le vieil homme et la mer / Ernest Hemingway

  36. D’UN POISSON L’AUTRE

    Une étoile debout
    Sur la courbe des vagues
    Cueille des ombres
    Dans son souffle brûlant
    Les pelages fondent
    Le cuir tanné se transmute
    Et l’opalescence apparaît
    Tel le prélude à la joie
    Mutin et renégat
    De la naissance d’un homme

  37. >le sid :
    Prem’s 😉 Merci pour ton bel haïku plein d’humour ! J’entends leur son carctéristique 😉

    >Bernard :
    Toujours beaucoup d’originalité, d’inspiration, de beuaté et d’émotion dans tes rêveries poétiques à partir des photos que tu étudies avec minutie 😉 Merci pour ce beau partage.

    >brigetoun :
    Tu t’es mis à la place de la personne dans l’ombre 😉 La courbe illumine tes deux beaux poèmes. J’ose à peine parler de peur de briser le charme de ce silence magique. Merci pour ta beauté de tes évocations.

    >Val :
    C’est net, c’est franc et ça me fait plaisir 😉 J’aimerais en réussir davantage comme celle-là 😉 Merci pour ta visite.

    >Annick :
    Tu sembles t’être posée dans le nord cette fois 😉 Encore une photo pour toi avec la générosité de ton cœur qui anime la plupart de tes poèmes 😉 Belle idée la courbure de l’œil, elle m’a frôlée aussi 😉 Merci pour tes mots doux qui débordent d’amour.

    >Aspe :
    Supersbes poèmes imagés imaginiares qui font rêver, Aspe. Merci pour la beauté de ton écriture.

    >Dominique :
    Touchée comme toi par cette fine courbe qui s’estompe dns le noir. Transmuer le plomb en or peut-être 😉 J’aime ces festons sur lesquels on l’impression d’être entre deux mondes. Bonne soirée et merci.

    >Pierre b :
    Les restes de la fête, Pierre avec cette nappe dorée;-) On pourrait t’appeler pêcheur de rêves car tu as une façon bien particulière et délicate de nous entraîner dans ton monde fait de petits bonheurs à attraper au vol du présent puis de revenir à l’image. Mots et sensations déposés en douceur et qu’on aime savourer. 2008 démarre sous de bons auspices 😉 Bises du soir et un petit clin d’œil d’amitié à ta famille 😉

    >Maria :
    Bonne observatrice noctambule funambule 😉 J’ai rajouté en cours de nuit la troisième image car j’avais envie de déconstruire le tout pour aller à l’essentiel vu que la première photo est déjà très dépouillée 😉 J’aime ton expression « sur le bord du monde » là où tout est possible. Ton premier poème est splendide ! Merci aussi pour la chanson de Brassens et le poème de Prévert accompagné d’une superbe illustration.

    >Bourrache :
    Thanks a lot 😉 Ton alphabet scout me fait rire 😉 Tu as l’air d’en connaître un rayon dans ce domaine là 😉 Tu as beaucoup donné en poésie aujourd’hui, je pense à ton tout petit premier poème qui est émouvant et à cette ode à la mer et aux éléments qui est riche en images. Merci pour ta belle vitalité !

    >Daniel :
    J’ai pensé à toi et au moissonneur de lumières que tu es quand j’ai mis la note en place mais je ne pensais pas que tu interviendrais car je te croyais très pris par ailleurs 😉 Bises vers là où tu es 😉

    >François :
    Œil aiguisé, il y a effectivement une femme assise 😉 Et toi à quoi penserais-tu dans un moment pareil ?

    >Marc :
    A pas de loup, tu avances dans le noir en lançant des mots comme à la pêche à la mouche 😉 J’aime beaucoup le premier poème. Ensuite, tu bascules comme souvent dans ton monde intérieur qui est d’une grande beauté et émotion mmeme derriète ton écran. C’est triste mais beau et lumineux. Merci pour toutes ces belles approches poétiques.

    >Noisette :
    Bonjour Noisette, l’an neuf commence aussi pour vous sous de bons auspices puisque vous osez vous exprimer à nouveau 😉 Cette photo fait remonter des souvenirs en surface et c’est bien de laisser parler son cœur comme vous le faites. Beaucoup d’émotion dans vos évocations du temps passé. Je crois comprendre que vous viviez dans un grand port. Vous avez raison pour l’imagination qu’il fallait inventer pour avoir une distraction alors qu’on est submergés d’images maintenant. Bonne soirée à vous et merci d’être revenue sur le pont.

    >Alix :
    Pour être pêcheur, il faut sans doute êtr extatique quelques part car il faut bien s’occuper l’esprit quand on attend des heures avant que ça morde 😉

    >Claudie :
    Merci Claudie 😉 Splendide poème que tu as écrit, un peu dans l’approche de celui de Marc. Superbes images qui font rêver notamment ton rêveur d’outre-ciels, ces papillons, cette écume, ce poisson ailé. Merci pour ta belle plume étincelante.

    >Pierre :
    Un fil lancé comme à la pêche à la mouche peut-être… Merci pour la rondeur et douceur de ton poème.

    >Christineeeeeeeeee :
    De fil en aiguille, ce fil vous fait partir en vécu et souvenirs heureux ou malheureux. Ton poème dédié à ta famille est beau, bien senti et émouvant. Bravo à toi Chistine !

    >Cristina :
    Coucou pêcheuse de mots et de rêves 😉 Fais le plein de tout pour passer une bonne nuit. Bien à toi, douce Cristina.

    >Johal :
    Superbe ! La douce quiétude de ton poème et de l’état mental du pêcheur commence à m’envahir. Beaucoup de beauté et d’originalité dans ton évocation. Le prétexte de la pêche donne à chercher son équilibre intérieur, à se pencher sur son intime. Très belle idée que tu as eue là. J’espère ne pas avoir déformé ta pensée.

    Ne t’inquiète pas avec la longueur de ton post. J’ai lu avec intérêt et effroi ton extrait sur cette cruelle chasse à la baleine qui continue malgré tout.

    Bises vers toi.

    >Fugitive :
    Tu bottes une nouvelle fois en touche avec tous ces contrastes qu se font écho et sont inséparables 😉 Merci pour tes analyses pertinentes 😉

    >Gmc:
    Merci pour ton beau poème. Bonne soirée.

  38. Je prends le train en marche ce soir pour une bien belle destination,
    Sur mon écran en belles lettres tracées, une courbe à l’allure noble, une image de mots qu’un homme debout, de sa ligne, maitrise avec fierté. Tout simplement beau , très clean!
    _
    Sur la rive au bord de l’eau,
    Le pêcheur à la ligne est debout.
    Immobile, automate d’un soir,
    Il feint l’attente,
    Et pêche le silence.

    Une brise légère dessine des vagues à la surface de l’eau.

    Retranchée sur la grève
    Une silhouette que l’ombre efface
    Livrée au repli des songes
    Dans le jour fatigué
    Se fond et se confond.

    Une lumière étrange trace sur les contours la parabole du pêcheur

  39. >Fugitive :
    Oui, c’est bien cela Fugitive ; après le champagne, je retourne vers l’eau et ses profondeurs 😉 Bine à toi.

    >Monique :
    Bulles de tendresse… je voulais démarrer l’année sur des tonalités douces 😉 Tu l’as bien senti 😉

    >Sabine :
    Joli phrase empreinte d’un bel élan d’amour ! Merci pour ton passage en caravane 😉

    >Maria :
    Tu trouves toujours de nouveaux angles de vue à cette heure là ; merci à toi.

    >Aspe :
    Beau poème graphique aux parfums de voyage dans lequel chaque signe donne une intensité suppémentaire à tes mots. Bernard fait des choses un peu comme ça ; c’est très sympa.

  40. __
    L’étang reflète
    profond miroir,
    La silhouette
    Du saule noir
    où le vent pleure
    __
    Paul Verlaine

  41. De loin elle regarde la flamme
    Dans celui qui pêche de la lumière
    De ce volcan d’or pur
    Dans le cratère de l’immensité
    De cet amour si bel de grand

    Et son petit coeur palpite
    En veines des laves chaudes
    Et son petit corps frissonne
    En petits clapotis vivants
    Et sa petite âme s’apaise

  42. La ligne de vie
    A l’horizon s’amincit
    Pour disparaître au loin
    Dans le noir de la nuit.

    La ligne de vie
    Près de nous
    Est bien nette,
    Sachons
    la parcourir,
    Pas besoin de recette,
    Suivons
    Notre intuition.

    Imitons ce pêcheur,
    Exemple de patience,
    Il incarne à lui seul,
    Calme,
    Tranquillité,
    Sérénité.

    Demain,
    Il fera jour !
    Nous reprendrons
    le fil de notre vie,
    Et vaquerons
    A nos occupations.

    Plus de ligne de vie
    A l’horizon…
    Au soleil,
    Elle aura fondu,
    Et disparu…

    Allez, dormez bien, bonnes gens !

  43. A man went fishing in the middle of the night
    But the poor old soul had a terrible fright
    When he cast his line into the deep blue sea
    Not a fish nor an eel but a STAR caught he !

    Oh my oh my !
    Said he with a sigh
    There never ever should be
    A star in the sea.
    Stars live in the sky
    High upon high
    This shining gem of a star
    Has fallen from afar
    So I’ll pick it up and take it
    Home in my car !!

    Silly poem I know … must be the excitement of the new year !

    Bises étoilées
    Judith

  44. impatient d’avoir
    trop attendu…
    …pêcheur…
    le vent comme un éclair
    brille de mille tourbillons
    et s’éloigne…
    …dans la vague….

  45. alors je rêve…cette page m’ensorcelle…je me laisse pêcher…par le hameçon velours…et la canne du pêcheur m’emporte vers Ailleurs….il tirebouchonne son moulinet…et doucement je vole…je ferme les yeux…. il m’attire vers lui…je rêve… mais c’est bien lui…alors je m’abandonne…dans ce doux coin de rêve si doré d’être heureux…la paix si belle enveloppe…et puis il me repose sur le sable fort fin…et je reste assise à moitié éveillée..et je le vois tout près lancer son fil de vie..que jamais non jamais..je n’aurais pensé rêvé…la nuit est amoureuse.. et le fil est si bon… le pêcheur si paisible.. l’air du temps est fort bel…je rêve oh oui je rêve…que ce rêve soit ma plus douce réalité.

    merci pour vos partages en vidéos, textes, vos textes, je suis comblée sur cette page,
    bon, faudrait penser à écrire, « à user avec modération », car je me sens ivre de tant, chancelante rêveuse, planeuse dans l’air du temps… BISES DU SOIR!

    qu’est ce qu’elle est jolie, cette série, Ossiane, elle me tangue de partout!

  46. Elle lui a déclaré sa flamme
    Il l’a découverte en femme
    A je nous il l’a regardé bel amant
    Emu impressionné par ce bel temps
    Puis il a lancé sa passion dans le lac
    Pour cacher tout son trac
    Précipitant les ondes du sud au nord
    L’eau en est devenue couleur d’or
    Les poissons devinrent fossilisés
    Devant ces moments de beautés
    Avec les petits coquillages précieux
    Dans ce temps suspendu si merveilleux

  47. pêcheur, amoureux, sais-tu…
    fil comme ton âme, invisible
    hameçon comme ton coeur, crochet d’acier
    ô poisson, ô amour, frémis et fuis

  48. ___

    Odelette

    Si j’ai parlé
    De mon amour, c’est à l’eau lente
    Qui m’écoute quand je me penche
    Sur elle ; si j’ai parlé
    De mon amour, c’est au vent
    Qui rit et chuchote entre les branches ;
    Si j’ai parlé de mon amour, c’est à l’oiseau
    Qui passe et chante

    Avec le vent ;
    Si j’ai parlé
    C’est à l’écho,

    Si j’ai aimé de grand amour,
    Triste ou joyeux,
    Ce sont tes yeux ;
    Si j’ai aimé de grand amour,
    Ce fut ta bouche grave et douce,
    Ce fut ta bouche ;
    Si j’ai aimé de grand amour,
    Ce furent ta chair tiède et tes mains fraiches,
    Et c’est ton ombre que je cherche.

    (Les Jeux rustiques et divins)

    Henri de Regnier
    ___

  49. Bonsoir à tous,
    Beaucoup d’émotions dans certains écrits aujourd’hui. Qui n’a pas connu un pêcheur à la ligne, parmi ses proches, un petit frère voulant imiter son grand père ou son père ? Avec quelle joie un petit garçon étrenne sa première canne à pêche ? Avec quelle fierté, il ramène son premier poisson ? Avec quelle habileté le pêcheur confectionne ses mouches .Pour toutes ces raisons sans doute, on garde ce petit côté nostalgique et indulgent. Le pêcheur est souvent quelqu’un qui est très proche de la nature, qui prend le temps, d’écouter, de sentir les choses, d’observer même si cela semble très contradictoire avec le fait même de pêcher .
    __
    La tombée du jour
    Le coup du soir des pêcheurs
    La dernière prise.
    __

  50. yaouh, yaouh,yaouh,
    max capdeville, bourrache et aspe, je n ai de mots que me taire, c’est si beau, vos partages, je suis fort émueeeeeeeeeeeeeeeeeee….clin d’oeil christineeeeeeeeeeee….clin d’oeil mouillé, c’est si foooort!

  51. Sur les bords du lit
    de la mer endormie
    où tombe la nuit
    d’un sommeil alangui
    et lambeaux de silence
    un homme est debout
    il attend patiemment
    que vienne la vie
    sur le fil de l’air
    en un souffle
    un mystère

  52. Dans le berceau du ciel
    La lune elle prend son bain
    Et l’homme pêche sa lueur
    Son ombre repose assise
    Là, son soleil veille sur lui

  53. vous êtes magiques, Monique, Maria, et ressurgit cette story là,

    il y a longtemps, longtemps, la jumelle de mon fils autiste, avec une canne à pêche, toute neuve, toute belle, et malgré les cris, les mouvements, les terribles comportements au bord de ce ruisseau, en quelques minutes, la joie d’un poisson pêché, et pas le temps, le micron temps de l’entendre de prendre plaisir avec elle, son frère est déchaîné, le poisson quitte vite l hameçon et est relaché, et il faut encore marcher marcher marcher…
    et pourtant quelle joie de paix de marcher sur sa canne de fil de pêche et de se reposer, poser, vivre en paix,
    bien des années speedées dans le non exprès quand d’autres courent vers quoi, vers où vers qui???
    le temps d’aujourd’hui ne rattrapera pas le temps de leurs enfances massacrées,
    mais au moins, le présent à se vivre permet de se vivre….enfin…

    car la vie à se pêcher du bout de son hameçon de coeur vivant, est si apaisante ressourçante et riche….je pêcherai des ans, à l’attendre le temps dans son vivre en seconde…d’abord..c’est tellement!

  54. ___

    Il vous naît un poisson qui se met à tourner
    Tout de suite au plus noir d’une lampe profonde,
    Il vous naît une étoile au-dessus de la tête,
    Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux
    Que ses sœurs de la nuit les étoiles muettes.

    Il vous naît un oiseau dans la force de l’âge,
    En plein vol, et cachant votre histoire en son cœur
    Puisqu’il n’a que son cri d’oiseau pour la montrer.
    Il vole sur les bois, se choisit une branche
    Et s’y pose, on dirait qu’elle est comme les autres.

    Il vous naît un ami, et voilà qu’il vous cherche
    Il ne connaîtra pas votre nom ni vos yeux
    Mais il faudra qu’il soit touché comme les autres
    Et loge dans son cœur d’étranges battements
    Qui lui viennent des jours qu’il n’aura pas vécus.

    Pardon pour vous, pardon pour eux, pour le silence
    Et les mots inconsidérés,
    Pour les phrases venant de lèvres inconnues
    Qui vous touchent de loin comme balles perdues,
    Et pardon pour les fronts qui semblent oublieux.

    Extrait des « amis inconnus ». 1934.

    Jules SUPERVIELLE
    _

    Là, je suis en train d’épuiser mon carnet de poésies préférées … de quand j’étais « petite » …
    oui, je sais, j’ai jamais été « grande » …
    disons que … j’ai quand même été « jeune » …
    ___

  55. chant du pêcheur sur sa barque
    adoucit la peine du poisson dans le filet
    et ma douleur à ton départ, au matin

  56. Je sens que cette note sera grande vu les beaux et nombreux écrits que vous déposez. J’aurais presque envie de vous demander quelle a été votre note préférée en 2007. Si vous avez envie de le dire sur le blog, n’hésitez pas, ça m’intéresse 😉

    >Monqiue :
    Oui c’est une photo épurée comme je les aime. Belle description de ce moment unique et silencieux. On dirait que tu étais là-bas 😉
    Et oui Monique, une partie de pêche fut sans aucun doute l’occasion de rapprochements et de complicité entre différentes générations. Un moment de partage, de regards, d’attente et de rires échangés. Bises du soir sans prise 😉

    >Thierry :
    Jolis petits poèmes en rimes sur la pointe des pieds pour ne pas briser le silence;-) Merci à toi.

    >Mathilde :
    Beau choix de texte ; je ne le connaissais pas. Belle image ce saule noir et ce vent qui pleure. Merci pour ton petit cadeau de mots.

    >Kirikino :
    Belle complicité entre le pêcheur et la vague. Merci pour ce joli haïku empreint de sensualité.

    >Annick :
    Tu as raison Annick, cette note t’ensorcèle particulièrement 😉 J’aime tes épuisettess, tes hameçons velours et tes moulinets. Tu sembles avoir beaucoup pratiqué 😉 Tes poèmes sont lumineux, dorés et vivants. Merci à toi.

    >Christineeeeee :
    Tes observations et associations d’images et d’idées sont pleines de sagesse et de vérité 😉 J’aime aussi ce fil courbe qui s’enfuit dans le noir. Bonne nuit et merci.

    >Judith :
    Incroyable qu’il existe un tel poème anglais à propos de cette étoile dans la mer 😉 Mon pêcheur a bien raison de continuer à cueillir des étoiles mais je ne sais pas où il va les accrocher ensuite 😉 Merci de ton passage céleste. Bises vers ton est.

    >Aspe :
    Merci pour toutes tes belles approches. J’essaie de cerner les contours de ton écriture 😉 Bien à toi.

    >Max Capdeville :
    Bonsoir Max, bienvenue sur le blog sur lequel tu fais une arrivée remarquée avec tes deux beaux poèmes d’amour. Ton écriture est sensible et imagée. Je t’invite à te joindre à nous. Au plaisir de te revoir ici.

    >Bourrache :
    Merci pour ce beau partage avec Supervielle et Henri de Regnier. Je découvre 😉 Bises marines.

    >Maria :
    Trois belles évocatiosn toutes liées au tissu, aux draps, au ruban, aux ourlets. Je sens que ce n’est pas fini. C’est fou comme la mer peut être source d’inspiration. Merci beaucoup.

  57. ___

    MA VIE

    Tu t’en vas sans moi, ma vie.
    Tu roules.
    Et moi j’attends encore de faire un pas.
    Tu portes ailleurs la bataille.
    Tu me désertes ainsi.
    Je ne t’ai jamais suivie.
    Je ne vois pas clair dans tes offres.
    Le petit peu que je veux, jamais tu ne l’apportes.
    A cause de ce manque, j’aspire à tant.
    À tant de choses, à presque l’infini…
    À cause de ce peu qui manque, que jamais n’apportes.

    Extrait de « La Nuit Remue »

    Henri Michaux
    _

    Ossiane : … ah, les poètes belges … (celui-ci est peintre en plus !)
    ___

  58. Eternité

    Au bord du nuage
    Ne vois-tu rien venir?
    Les jours en ondes concentriques
    Viennent battre le rivage
    Nous guetterons l’a-venir
    Cherchant un horizon mythique.

  59. Ami(es) du jour,
    Bonjour !

    Le poète
    Est un pêcheur de lettres…

    Debout sur la rive des rêves,
    Il déploie sa fine ligne ;
    A l’affût,
    Taquinant la bonne rime,
    Pour ferrer l’exacte expression,
    Pas besoin de bouchon…
    De son geste habile
    Son esprit mouline
    Le fruit de ses trouvailles :
    Pêche au coup
    Lettre à lettre,
    Pêche au filet
    Avalanche de sonnets
    Pêche au lancer ou
    Pêche à la main
    Poète un peu coquin !
    Pour un maximum de
    Quatrains,
    Tout dégringole au fond
    De sa musette,
    Puis se mélange
    Ou s’arrange…
    De retour à la maison,
    C’est avec passion
    Qu’il vous concocte
    Sa nouvelle composition !

    Le poète
    Est un pêcheur de lettres…

  60. fil à fil, ligne à ligne, il tricote
    là tout près au bord de la côte
    muré dans le doux silence
    il écoute la brise qui s’élance
    sa compagne est l’attente
    la pêche est sa détente
    il pêche heure après heure
    sans heurts et sans retenue
    juste convaincu d’égrener
    un temps passion qui passe
    lentement, rythme de respiration
    dévidant sa bobine
    sans agiter ses babines
    perdu dans ses pensées
    en chemin il refait
    de sa vie des portions

  61. Noir et or comme un blason
    pas blasé notre héraut
    il garde son blouson
    pas question d’avoir le spleen
    puisqu’il garde la ligne
    d’eau raison en horizon
    indépassable, insurmontable
    et puisque dans le doute
    il se tourne vers la voute
    et se dit c’est leste
    d’attraper au moulinet
    les scintillantes accrochées
    mais puisque j’ai un crochet
    explorons du fond cosmique
    toute la veine comique

  62. Bonne journée à tous

    Joli, joli Annick je te trouve très poétiquement inspirée , tu ne sembles pas troublée par ton nouveau domicile.

  63. Bonjour Ossiane et toutes et tous,

    Je vous présente mes Meilleurs voeux de tout coeur pour cette nouvelle Année ! Qu’elle vous apporte Santé, Joies, Amour et encore de beaux poèmes ou proses !

    Je ne suis qu’un pêcheur,
    Pardonnez moi !
    J’ai pêché par Amour,
    J’ai pêché par Amitié,
    J’ai pêché par Passion,
    J’ai pêché par Sensibilité,
    J’ai pêché par Vulnérabilité,
    J’ai pêché par Impatience,
    J’ai pêché par Bêtise,
    J’ai pêché par Impulsivité,
    J’ai pêché par Imcompréhension,
    J’ai pêché, je pêche et je pêcherai,
    Car… Je ne suis qu’un Homme qui Aime.

    Encore très BONNE ANNEE chère Ossiane et merci pour ton talent !
    Et aussi à tous mes Amis ici et qui m’ont laissé leurs voeux.
    Merci à tous du fond du coeur !
    VIVE 2008 !
    OLIVIER

  64. Thierry

    Sympathique ton héraut surveillant son blason ! Pêcheur, héraut se mêlent dans leurs fils!!! Bien beaux écrits ce matin.

  65. Olivier

    Plein de poésie et d’humour, nous avons envie de te pardonner, c’est bien de pécher de temps en temps, qu’ils sont tristes ceux qui ne pêchent jamais!!
    Très bonne année à toi aussi et merci encore de tes bons voeux.

  66. Christineeeeeee

    Très heureuse de lire ton poème, j’avais écrit le poète, pêcheur de mots, c’est un vrai petit délice ton poème de ce matin et superbement dit, la pêche n’est d’ailleurs pas toujours miraculeuse!!!! Je t’embrasse.

  67. Bourrache

    Tu avais fait un bon choix de poésies « quand tu étais petite » c’est pour ça que finalement il ne faut pas trop grandir, garder ses yeux d’enfants, je crois l’avoir déjà dit, mais surtout une part de naïveté qui aide à l’émerveillement. Je t’embrasse.

  68. Je pense et je rend hommage aux groupies du surfeur (ou du pécheur), du véliplanchiste, qui sur les plages corses ou ailleurs attendent des heures le retour de leur tendre et insouciant glisseur.
    Entre le glisseur et le pêcheur, il n’y a qu’un pas, mais c’est la même passion pour les eaux, ses mouvements et ses paysages.
    Le même plaisir de se retrouver face à la mer.

  69. > Ossiane; Celle que j’ai préférée?
    Où donc t’es-tu montrée? Tu t’es si bien cachée!
    Comme les Anges, existes-tu? A peine un signe, du bout de l’Aile ou de la Main… Danseuse, Hirondelle? A la fin invisible, Littorine!
    Du Jour ou des Ténèbres, d’où vient cette lumière? Transparence…
    Et ta couleur: Pastel… Safran ou bien Cobalt?
    En un Mo, où es-tu? D’algue en Erable, de Cactus en Bambou, de Cardabelle en Olivier, de Platane en Bonzaï, De Cèdre en Azalée?
    Tu préfères errer: de Refuge en Escale, Tropique, Exotique…
    Je te cherche partout: de Causse en Kalliste; ici à Lugano, puis à Patrimonio. Un jour à Manhattan. Bientôt en Orient!
    J’explore tous les lieux: de Vallon en Rivière, de Rocaille en Maquis, de Delta en Fontaine. Es-tu au fond du Gouffre? Ou bien plutôt Là-Haut, dans cet Escarpement, Nuage d’Altitude?
    Tu es matérialiste, obnubilée des choses. Chez toi tu collectionnes: une Cage, un Totem, des Murs et un Buvard, tout un Echafaudage; et puis un Escalier ou un Escalator, et de la Nourriture, une Ardoise, un Galet, du Charbon, du Mortier, aussi du Macadam, une Forge, une Route, Arcade, Banc public, et même un Train de nuit, une fille à soldat (?). Tu construis ta Péniche, c’est ton Observatoire: Haubans et Gouvernail, Hublot à Claire-voie, Cabine, Pavillon; et pour l’Ancre la Voile. Ah! Comme on t’imagine: Parure et Cocktail…
    A moins que j’exagère? Il me faut du Courage! Car ton Enlacement, n’est-ce pas un Caprice? Tu parles de Dialogue et de Lune de miel. Un temps de Réflexion! Je te rendrai Visite. De se voir Solitaire, naîtra la Tentation: celle d’un beau Réveil, sortir de sa Torpeur, comme un Dévoilement. Ce n’est pas une Fuite! Encore moins un Duel. Mirage du Départ? Pense donc au Retour. La Vie et ses Fêlures signent notre Impatience. Je te fais Confidences: Toi émoi, vois-tu je suis Rêveur! Complicité Fragile. Spontanéité: je l’appelle Attirance.
    Nous partons en Voyage? Aventure Baroque? Evasion? En quête d’Infini? Liberté? Vérité? Identité? J’ai Conscience du Temps: le Passé, l’Avenir… Inconnu. Escalade, Elévation? Oui! le prix de l’Essence…
    Sur les Sillons du Disque, nos Pas tournent en Boucle. Méli-mélo des Ondes, Pulsations de Velours. Dans le Cercle ou le Grain Ooo (sic!), surtout pas de Lézarde, à peine une Echancrure.
    Trajectoire, Arabesques?
    Tissage, Mosaïque…
    Epure!
    Je m’Eclipse.

  70. ………………………………………….

    la ligne virtuose
    sur une arcan noir et or
    épinglé à terre

    ………………………………………….

    andrée wizem

  71. photo tout simplement incroyable
    avec un texte dans la même ligne
    et des mots en équilibre
    sur l’ étroite crête où tout se joue

    Ossiane un modèle
    inimitable
    Bravo pour ton chemin unique
    et très douce Année 2008

  72. Marée Blanche
    Contre
    Marée Noire

    Un Homme
    Ecartelé
    Entre deux Mondes

    La Noire l’englue
    La Blanche l’envoûte

    Un Homme
    Debout
    Sur le Fil

    Il plie
    Mais jamais
    Ne cèdera

    Jamais
    Car il croit
    Aux étoiles

    Magicien
    De douceur
    Pourtant
    Il pleure

    Une Femme…
    Cachée
    Dans son monde
    Lui ouvre ses bras

    Magicienne
    De tendresse
    Elle s’approchera

    Mais non

    Scotchée
    De promesses

    Elle le laisse

    Debout sur son fil
    Seul

    Cruelle
    Direz vous…
    Ne dites rien…

    Lui seul
    Rope dancer
    Pourra la juger…

  73. Magnifique Bernard, et tu me fais sourire. Merci.

    Monique, je suis à nouveau dans le nord, juste un aller retour, en loire atlantique, pour remplir le garage…
    le vrai saut de saut fin janvier avec derniers vêtements, papelards, plantes et dvd de Jean Sébastien…
    puis le 25 février, signature notaire et déménagement du dernier tiers de la maison du nord…
    et voilà, fin février sera une inspiration de loire atlantique, toute neuve, toute amoureuse, avec ses pierres, sa nature, sa mer pas loin, et surtout un bel lieu de vie pour Jean Sébastien autiste de vingt et un ans le 24 février 08….bises Monique.

    beau mais triste, NIgra..
    alors je poursuis…à ma guise.

    Et comme IL se retourne
    ELLE ses bras ouverts
    Son visage souriant
    Car ELLE est là pour LUI
    Pas pour le faire souffrir
    Juste LUI donner la main
    Si il veut bien
    Et le chérir de près
    Dans un petit bout de leur vie

  74. Et comme IL se retourne
    ELLE ses bras ouverts
    SON visage souriant
    Car ELLE est là pour LUI
    Pas pour LE faire souffrir
    Juste LUI donner la main
    Si IL veut bien
    Et LE chérir de près
    Dans un petit bout de LEUR vie

    Tout est parti trop vite.. ahlala…

    je n ai pas regardé à nouveau toutes photos de 2007, Ossiane, je prendrai le temps, tranquillement un beau soir de regarder feuilleter me vivre.. et dirai..

    comme cela, en premier ressenti, me vient, l image avec l escargot et son coeur qui bat, je me souviens avoir été émuE tant de tant, temps de temps… bise Ossiane…

    Olivier, je t’embrasse fort, j’aime beaucoup les pêcheurs d’Amour très gros! Bises! C’est moins pêcher que aimer, trop aimer, que pas aimer.. non?!

  75. ……………………………..

    sur la plaque de marbre
    le fondant au chocolat
    l’emporte dans l’ivresse

    ……………………………..

    andrée wizem

  76. >Bernard: bravo c’est un exercise ardu que de donner un aperçu panoramique
    de l’année, c’est enlevé par comme au sérail mais avec le caravansérail que nous avons visité c’était sans doute prémonitoire.

  77. >Aspe :
    Merci pour toutes tes belles approches. J’essaie de cerner les contours de ton écriture 😉 Bien à toi.

    L’instinct, ça vient comme ça tout simplement du fond de moi… Il n’y a
    rien à cerner… Ou si peu, sauf peut-être la beauté de tes images, et justement les mots que j’y colle pour une autre « image »… collages, « bri-collage »… « bric-à-brac » des mots… « sensations » visuelles collées aux verbes…

  78. Pêcheur de rêves

    Vigueur défaillante et trahie
    Or trop pur pour notre fange
    Fleur déflorée à notre souffle

    Trop de souffrances et meurtrissures
    et de soupçons obstinés
    comme le regain dans la terre

    Quand seront-elles de mise
    la force et la beauté d’aimer
    la pensée d’autrui et sa culture

    Il nous faudra apprivoiser
    cet Autre si proche et différent
    l’or rouge et la fleur pure

  79. Dans le vrai…
    équilibre obligé,

    Déséquilibre à lutter,

    On ne juge pas.

    Même pas,
    Les perles de son coeur.

    On avance,
    Juste pour ne pas
    Tomber.

    Mais on ne tombes pas,
    A cause,
    Des perles de son coeur,
    Des perles de son heure

    Qui tiennent juste,
    Le fil,
    Assez tendu,
    Pour qu’on ne tombe pas.

    Qu’on ne juge, enfin,
    Jamais,
    Plus.

  80. je voudrai saluer la mémoire de mon oncle serge
    pêcheur émérite du canal de briare (loiret)
    qui m’enseigna les rudiments pour appâter
    comme ferrer et épuiser de grosses bêtes.
    Carpes et brochets, sandres et perches
    étaient ses compagnons d’un jour et d’une vie
    alors mes quelques mots d’aujourd’hui
    je les lui dédit.

  81. (Un gospel dont je ne connais ni l’auteur ni le compositeur)

    Deep blue sea, baby, deep blue sea
    Deep blue sea, baby, deep blue sea
    Deep blue sea, baby, deep blue sea

    It was Willie what got drownded in the deep blue sea

    Dig his grave with a silver spade
    Wrap him up in a silken shroud
    Dig his grave with a silver spade

    It was Willie what got drownded in the deep blue sea

    Lower him down with a golden chain
    Golden sun bring him back to me
    Lower him down with a golden chain

    It was Willie what got drownded in the deep blue sea

    Deep blue sea, baby, deep blue sea
    Deep blue sea, baby, deep blue sea
    Deep blue sea, baby, deep blue sea

    It was Willie what got drownded in the deep blue sea

  82. Il pêche
    Mais il sait
    Que c’est pour du faux
    Sa canne a déjà
    Posé sa mine d’or
    Dans l’ombre
    Sur le sable
    Mais il pêche
    Fidèle à lui même
    En elle

  83. …la nuit,…
    pour éblouir la patience
    ta main glisse
    vers le sable des plages inondées de soleil,
    …la nuit,…
    pêcheur infatigable,

  84. Sur le fil de la mer
    il reste le rêve
    le souvenir
    et les voix
    et les lignes
    intarissables
    Sur le fil de la mer
    l’éternité peut être
    là-bas à l’horizon
    sur les bords du ciel
    et les vastes voix
    immortelles
    et discrètes
    Sur le fil de la mer
    il y a les poissons
    d’argent
    et de nacre
    et la houle
    en hiver
    qui me console
    et me berce
    Sur le fil de la mer
    mon cœur est funambule
    il halète
    et sursaute
    et charrie
    dans son âme
    les larmes de fièvre
    des années
    englouties
    Sur le fil de la mer
    il y a la mer
    sur son fil de sel
    d’écume
    et de sable
    de corail
    et de roc
    de rouge
    et de verre
    poli
    sur la grève
    Sur le fil
    de la mer
    il y a
    la
    m
    e
    r

  85. Le fil est invisble comme la prétention risible
    pourtant la mer est notre matrice pas triste
    source de joie et d’émoi, aidez moi à le croire

  86. Bonjour Ossiane et tous .
    __
    Beaucoup d’eau a passé sous les ponts
    et puis aussi énormément de sang
    Mais aux pieds de l’amour
    coule un grand ruisseau blanc
    Et dans les jardins de la lune
    où tous les jours c’est ta fête
    ce ruisseau chante en dormant
    Et cette lune c’est ma tête
    où tourne un grand soleil bleu
    Et ce soleil c’est tes yeux.
    __
    Jacques Prévert / Histoires
    __
    Quelle belle ambiance sur ce blog et de la belle écriture surtout!
    Particulièrement honorée que vous m’ayez fait une petite place.
    Merci Ossiane

  87. Bonjour
    __
    La terre qui s’endort
    Dans la tombée du jour
    La pause du soir
    __

    Le pêcheur serein
    Ondulation en surface
    Le calme intérieur
    __
    Attendre et attendre
    En silence en espérance
    La résignation

    Tout est calme et silencieux, les chats dorment, le ciel est gris la vie s’est mise en veille, le soleil est en vacances, juste le chant des tourterelles pour donner vie à la vie.

  88. Silencieuse
    Sur la pointe des pieds
    Elle marche le sable
    Puis elle s’asseoit
    Pour boire sa coupe d’or
    Dans son regard pour lui
    Paisible elle l’admire
    Et le serre si bel
    Il est son magique ciel
    Ce tendre pêcheur de lui

  89. ___
    Immobile
    Les yeux plantés
    Dans un décor
    D’or
    L’homme pêche
    Tranquille

    Derrière lui
    Les noirs, les gris
    De la Vie

    Ni filet, ni harpon
    Une canne, un fil
    Pour happer
    Le rêve
    Fragile
    __

    La nuit, il a vidé à seaux. Demi-soleil, pas de tourterelle. Une nuée de moineaux sur le tas de fagots. Toutes les couleurs de mésanges aux mangeoires et les sittelles. Le chat guette.
    Le vieil indéfectible dort à mes pieds. Le poisson fait ses bulles. J’en suis à ma troisième tasse de café. C’est dimanche, je mets ma vie au repos.
    Tout est calme et silencieux.
    Clin d’oeil, Monique et biz à tous.
    ___

  90. C’est bon tout ce silence où les sens sont en éveil et l’esprit se repose.

    __
    A peine posé
    Le fil de la canne à pêche
    Léger frôlement
    __

  91. >Aspe :
    Au lieu de dire « cerner », j’aurais mieux fait de dire « m’imprégner de tons style d’écriture » C’est tout de même moins inquisiteur 😉 Ces bri-collages rappellent les assemblages hétéroclites et imaginaires des ready made surréalistes. Tu as une belle façon d’expliquer ta démarche.

    >Maria :
    Ton pêcheur de rêves a une tonalité différente de ce que tu écris d’habitude. Plus dure, douloureuse, plus intérieure et interrogative. Merci pour cette autre facette de toi 😉
    Tun deuxième poème ressemble davantage à ce que je connais de toi en poète funambule. Superbe rêverie graphique et poétique sur un fil qui s’étire à l’infini.

    >Fauki :
    Beau questionnement sur ce qu’est l’équilibre qui nous fait tenir debout et ne pas sombrer. Garder bien au chaud ces petites perles qui font vibrer merci pour ton poème sensible.

    >Vudayeur :
    Bonjour et bienvenue sur le blog 😉 Merci pour tes bons vœux que je te retourne avec amitié. Bonne route en 2008 !

    >Anne-Marie :
    Merci pour le gospel. J’ai retrouvé ça pour toi
    http://maxhunter.missouristate.edu/0589/index.html

    >Annick :
    Merci de continuer à déposer en douceur tes mots.

    >marc :
    Jolie ta truite arc-en-ciel ! Comme j’aimerais prendre ne photo un pêcheur à la mouche 😉

    >Aspe :
    Tes évocations sont douces à l’image du silence qui règne sur cette image. Merci pour ta belle plume.

    >Thierry :
    La mer est à contempler et à humer tout simplement 😉

    >Mathilde :
    Heureuse de voir à l’aise sur le blog 😉 Tout le monde a sa juste place ici. Votre façon de contribuer à cet espace est généreuse et délicieuse avec ces découvertes de poètes. Prévert, c’est quelque chose ; il a le don de toucher au cœur tout de suite avec des images simples et vraies. Merci à vous ! Bonne fin de dimanche.

    >Monique :
    Quatre beaux haïkus sensibles tous différents entre plénitude, apaisement, résignation et sensation pure. Une nouvelle fois, on a l’impression que tu étais là-bas. Tu te mets bien en situation quand tu écris 😉 Merci beaucoup.
    >Bourrache :
    Joli poème délicat et sensible ! Clin d’œil vers toi et ton bestiare ! Merci pour le prélude 😉

    >Bruno :
    Comme tu es bien placé pour parler de l’ombre puisque c’est elle qui anime toutes tes photos;-)  Bonne retraite silencieuse et imaginaire;-) Je t’embrasse.

  92. > Ossiane, pardonne moi! Ce commentaire était prévu pour « caravane ». peux-tu le déplacer? Merci…

  93. >>> *** Bourrache, merci de nous avoir offert Henri de Reigner et Jules Supervielle. Ils font partie de mes rencontres d’enfant avec la poésie, aux côtés des poètes du nord, Albert Samain, Emile Verhaeren, Georges Rodenbach. Et d’autres encore: Sully Prudhomme, Maurice Rollinat, Francis Jammes, Paul Fort… Il m’ont imprégné à tout jamais de la magie du verbe, qui fait de la tristesse la tendresse, de la nuance l’amour, de la joie la couleur!

    >>> AaaaaaaaaaaliiiiiiiiiiX! Quel cadeau… Faut-il s’ouvrir les veines? Tu veux ma mort certaine!

    >>> Aspe,
    Qu’y-a-t-il de l’autre côté de la mer? Dis le moi je t’en prie…
    …Des femmes poissons,
    …doux sommeils, si profonds…

  94. Paupière fermée la mer rêve
    l’ homme debout
    empli de son immensité…

    Et nous fermons à notre tour paupières pour retenir la lumineuse et silencieuse magie de tant de beauté.

  95. ___

    Oh, Bernard … tu as fait ressurgir un souvenir :
    _

    « Prière pour aller au paradis avec les ânes ».

    J’aime l’âne si doux
    marchant le long des houx.
    Il prend garde aux abeilles
    et bouge ses oreilles;
    et il porte les pauvres
    et des sacs remplis d’orge.
    Il va, près des fossés,
    d’un petit pas cassé.
    Mon amie le croit bête
    parce qu’il est poète.
    Il réfléchit toujours.
    Ses yeux sont en velours.
    Jeune fille au doux coeur,
    tu n’as pas sa douceur:
    car il est devant Dieu
    l’âne doux du ciel bleu.
    Et il reste à l’étable,
    résigné, misérable,
    ayant bien fatigué
    ses pauvres petits pieds.
    Il a fait son devoir
    du matin jusqu’au soir.
    Qu’as-tu fait jeune fille?
    Tu as tiré l’aiguille…
    Mais l’âne s’est blessé:
    la mouche l’a piqué.
    Il a tant travaillé
    que ça vous fait pitié.
    Qu’as-tu mangé, petite?
    – T’as mangé des cerises.
    L’âne n’a pas eu d’orge,
    car le maître est trop pauvre.
    Il a sucé la corde,
    puis a dormi dans l’ombre…
    La corde de ton coeur
    n’a pas cette douceur.
    Il est l’âne si doux
    marchant le long des houx.
    J’ai le coeur ulcéré:
    ce mot-là te plairait.
    Dis-moi donc, ma chérie,
    si je pleure ou je ris?
    Va trouver le vieil âne,
    et dis-lui que mon âme
    est sur les grands chemins,
    comme lui le matin.
    Demande-lui, chérie,
    si je pleure ou je ris?
    Je doute qu’il réponde:
    il marchera dans l’ombre,
    crevé par la douleur,
    sur le chemin en fleurs.
    Francis JAMMES
    ___

  96. >Nath:
    Merci pour la belle écoute de a truite; on nage beaucoup en ce moment;-)

    >Bernard:
    Toujours aussi énigmatique;-)

    >Corinne:
    Belle rêverie les yeux fermés pour changer un peu;-) Merci pour ton joli retour !


  97. GRANDE PASSACAILLE

    Écoute le roulement des galets dans la mer !
    Hors les murs nus de l’être prolongeant
    la hantise de la musique muette,
    soudain murmurent en nous les flûtes du crépuscule.
    Dans le passage de notre souffle mortel
    les mots tracent le sens que nous espérions rencontrer
    en explorant du regard
    chaque soir chaque matin qui hennit en plein ciel –
    la bouche ouverte boit
    le vent pluvieux toujours resurgissant,
    le vent qui vient d’ailleurs
    et porte en soi comme une absence
    le silence pareil au germe jaillissant
    hors du commencement sans visage et sans lieu :
    respirer de nouveau, plonger dans le temps fabuleux des noces
    où s’étreignent le jour et la nuit emmêlés.
    Afflux divin du livre qui en porte le rythme
    comme une lame de fond arrachée au ventre de la mer,
    chevaux d’écume dansant caracolant, puis tout à coup
    se cabrant pour jouir
    jusqu’à la crête mortelle et blanchissante du ressac.

    Sur un air de l’Armide de J.-B. Lully (1686)

    Claude Vigée, Danser vers l’abîme, in Dans le Creuset du Vent, Essais, Poésie, entretiens, Parole et Silence, 2003, p. 161.

    > Bernard: moi vouloir la mort de personne!!!
    >Ossiane..je vois plein de confettis sur l’Oeil Ouvert >))

  98. Homme debout
    Entre l’ombre et la lumière
    Tu choisis cet instant éphémère
    D’aller et retours
    Des frontières de toujours

    Homme debout
    Tu regardes la voûte céleste
    Tu respires l’aube de devenirs
    Tu contemples l’ovale de ses yeux
    Vertige de multiples désirs
    Et de la vie amoureux

    Homme debout
    Ta silhouette dessine le fil de tes pensées
    Elles naviguent dans le flot du passé
    Là dans l’ombre de derrière
    La lisière de tes rêves

    Homme debout
    Entre le clos et l’éclos écoute
    Le silence de ton flot
    Où s’étreignent des ondes affectées
    Dans le drapé de l’eau
    De secondes oubliées

    Homme debout
    Les rides de l’eau
    Effleurent ta peau
    Sa douceur, sa quiétude
    Gomment tes incertitudes

    Homme debout
    Ta canne à pêche erre
    Sur l’obscur ou le clair
    Explore le fil de l’eau
    Sur quelle aile glisser tes mots ?
    Sur quelle grâce ancrer ton regard ?

  99. LES PÊCHEURS

    Le site est floconneux de brume
    Qui s’épaissit en bourrelets,
    Autour des seuils et des volets,
    Et, sur les berges, fume.

    Le fleuve traîne, pestilentiel,
    Les charognes que le courant rapporte;
    Et la lune semble une morte
    Qu’on enfouit au bout du ciel.

    Seules, en des barques, quelques lumières
    Illuminent et grandissent les dos
    Obstinément courbés, sur l’eau,
    Des vieux pêcheurs de la rivière,

    Qui longuement, depuis hier soir,
    Pour on ne sait quelle pêche nocturne
    Ont descendu leur filet noir,
    Dans l’eau mauvaise et taciturne.

    Au fond de l’eau, sans qu’on les voie
    Sont réunis les mauvais sorts
    Qui les guettent, comme des proies,
    Et qu’ils pêchent, à longs efforts,
    Croyant au travail simple et méritoire,
    La nuit, sous les brumes contradictoires.

    Les minuits durs sonnent là-bas,
    A sourds marteaux, sonnent leurs glas,
    De tour en tour, les minuits sonnent,
    Les minuits durs des nuits d’automne
    Les minuits las.

    Les pêcheurs noirs n’ont sur la peau
    Rien que des loques équivoques ;
    Et, dans leur cou, leur vieux chapeau
    Répand en eau, goutte après goutte,
    La brume toute.

    Les villages sont engourdis
    Les villages et leurs taudis
    Et les saules et les noyers
    Que les vents d’Ouest ont guerroyés.
    Aucun aboi ne vient des bois
    Ni aucun cri, par à travers le minuit vide,
    Qui s’imbibe de cendre humide.

    Sans qu’ils s’aident, sans qu’ils se hèlent,
    En leurs besognes fraternelles,
    N’accomplissant que ce qu’il doit,
    Chaque pêcheur pêche pour soi :
    Et le premier recueille, en les mailles qu’il serre,
    Tout le fretin de sa misère ;
    Et celui-ci ramène, à l’étourdie,
    Le fond vaseux des maladies ;
    Et tel ouvre ses nasses
    Aux deuils passants qui le menacent ;
    Et celui-là ramasse, aux bords,
    Les épaves de son remords.

    La rivière tournant aux coins
    Et bouillonnant aux caps des digues
    S’en va – depuis quels jours ? – au loin
    Vers l’horizon de la fatigue ;
    Sur les berges, les peaux des noirs limons
    Nocturnement, suent le poison
    Et les brouillards sont des toisons,
    Qui s’étendent jusqu’aux maisons.

    Dans leurs barques, où rien ne bouge,
    Pas même la flamme d’un falot rouge
    Nimbant, de grands halos de sang,
    Le feutre épais du brouillard blanc,
    La mort plombe de son silence
    Les vieux pêcheurs de la démence.

    Ils sont les isolés au fond des brumes,
    Côte à côte, mais ne se voyant pas :
    Et leurs deux bras sont las ;
    Et leur travail, c’est leur ruine.

    Dites, si dans leur nuit, ils s’appelaient
    Et si leurs voix se consolaient !

    Mais ils restent mornes et gourds,
    Le dos voûté et le front lourd,
    Avec, à côté d’eux, leur petite lumière
    Immobile, sur la rivière.
    Comme des blocs d’ombre, ils sont là,
    Sans que leurs yeux, par au delà
    Des bruines âpres et spongieuses
    Ne se doutent qu’il est, au firmament,
    Attirantes comme un aimant,
    Des étoiles prodigieuses.

    Les pêcheurs noirs du noir tourment
    Sont les perdus, immensément,
    Parmi les loins, parmi les glas
    Et les là-bas qu’on ne voit pas ;
    Et l’humide minuit d’automne
    Pleut dans leur âme monotone.

    Emile Verhaeren / Les villages illusoires

  100. C’est très beau Nath
    « Entre le clos et l’éclos écoute
    Le silence de ton flot »
    J’aime beaucoup ton écrit

    Alix
    Splendide la GRANDE PASSACAILLE
    merci du partage

  101. Pour Alix

    UNE ELEGIE

    Il se fît un désordre de rêve
    Un désordre accablant et sans fin
    Sur la terre invisible et brumeuse
    Sur la face invisible des eaux

    Un désordre de gouffre et de chute
    Plus amer que le fiel du sommeil
    Un désordre d’attente et de larmes
    Au milieu de la terre et des eaux

    Et la terre était noire et brumeuse
    Et le jour retournait à la nuit
    Et le monde attendait dans l’abîme
    Et le ciel chavirait dans les eaux

    Et ce rêve accablait le désordre
    D’un mutisme de pluie et de vent
    Et la pluie accourait sur la terre
    Et le vent demeurait sur les eaux

    Et le jour comme une ombre accablante
    Et la nuit comme un trouble sans fin
    S’arrachaient au sommeil de la terre
    Et veillaient sur la cendre des eaux

    Et la vie était lente et brumeuse
    Et la mort répondait à ses cris
    Et la terre était loin de la vie
    Et la mort descendait sur les eaux

    Et la loi de la vie était bonne
    Et le temps de la mort était bref
    Et le monde arrêtait ses ténèbres
    Au milieu de la terre et des eaux

    Il se fît un désordre moins proche
    Un désordre de rêve et de fiel
    Et la terre engendrait le désordre
    Et le ciel chavirait dans les eaux

    Un désordre de terre accablée
    Sur la terre invisible et sans fin
    Un désordre d’eau noire et brumeuse
    Sur la face invisible des eaux

    Et la vie ordonnait le désordre
    Et la mort retournait à la mort
    Et la mort se taisait sur la terre
    Et la vie écoutait sur les eaux

    Et la loi de la vie était juste
    Et le temps de la mort était bref
    Et le monde ajoutait son attente
    Au tourment de la terre et des eaux

    Et le jour remontait de l’abîme
    Et la nuit retournait à la nuit
    Et la pluie accourait sur la terre
    Et le vent demeurait sur les eaux

    Et ce fut dans le vent, dans la pluie
    Un désordre de rêve et d’amour
    Et l’amour était neuf sur la terre
    Et le rêve était vieux sur les eaux

    Et la vie et la mort étaient justes
    Et le rêve et l’amour étaient bons
    Et la vie écoutait sur la terre
    Et la mort se taisait sur les eaux

    Il se fit un désordre de rêve
    Un désordre de vie et de mort
    Et l’amour refleurit sur la terre
    Et le ciel éclata sur les eaux

    Claude Sernet / Les pas recomptés

  102. Belle soirée pour rêver, en musique, merci Maria. Je suis encore sous le charme de Schubert et dans le plaisir d’avoir découvert « La grande passacaille grâce à Alix.Je me suis bercée dans les belles paroles de Bernard. Je reste dans mes rêveries, j’ai posé le stylo et vous dis à tous bonsoir et belle nuit.

    L’ombre de la nuit
    M’enveloppe dans son voile
    Mes rêves m’acompagnent.

  103. Un petit « c » de plus à m’accompagne, c’est mieux. merci Ossiane et bonne nuit.Je t’embrasse.

  104. >Alix :
    Coucou Alix, c’ets un peu la fête sur le blog. La note plait beaucou^p 😉
    C’est beau ce poème de Lully. Belles images ces chevaux d’écume et ce ventre de la mer. Merci, je t’embrasse.

    >Nath :
    Clap ! clap ! clap ! clap ! Bravo Nath pour ce premier poème de l’année ! Ta plume reprend de la vigueur et retrouve l’inspiration. Je suis contente que tu te sois concentrée sur cet homme debout face à l’ombre et la lumière, au ciel, à la mer, au passé. Ce « debout » n’était pas innocent dans mon haïku 😉 Ton écriture est fluide, douce, imagée, graphique, musicale. Même remarque que Maria. Je te sens plus apaisée et sereine ; tu ouvres de nouveau tes ailes du désir d’écrire. Un grand merci à toi pour ce beau partage. Je t’embrasse.

    >Maria :
    Un grand poème éouvant celui d’Emile Verhaeren ! C’est incroyable comme cette activité de pêche peut donner naissance à des choses si belles et profondes. Merci pour le partage. Bises de 1h36 😉

    >Monique :
    Belle façon de te mettre en condition pour trouver le sommeil 😉 Douce nuit à toi.

  105. Au fil de l’homme
    Bruit la pensée
    Les heures s’endorment
    Au rythme des eaux
    Sur les rives de l’Humain
    Des berges clair-obscur
    A l’éclat de la lune.

    La mer caresse les poésies
    D’une danse à peine mouvante
    Doux crépuscule
    vague de tendresse
    Au fil de l’eau.

    Elle regarde ses mains
    Il lui pêche un festin
    Une cassolette d’Amour

    Au fil de la mer que j’entends
    Dans un coquillage de frissons
    Le bruit des solitudes
    Au fil de l’homme
    Bruit la pensée.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *