Mortier

Terrasses

Terrassese

Terrasses

Terre et pierres sèches, les empreintes des hommes, le linge claque au vent

Lecture du Haïku Calligramme: de bas en haut

Terre et pierres sèches
les empreintes des hommes
le linge claque au vent

Quelque part après Belgodère…
Pour en savoir plus sur la culture en terrasse
Voir la Carte de Corse

Restanques, planches, terrasses, terre, mortier, la trace du travail des hommes… Brigetoun, Bourrache, Claudie, Pierre (2) et Olivier nous offre un joli florilège de poèmes autour de ces murets étagés.

pétri dans la lumière,
dans l’air, dans tes arbres
la poussière et l’odeur
piquante des herbes,
je te hume, t’avale,
ma civilisation.
Vieille science des pierres,
sobriété de l’ombre
et longue patience
mise depuis toujours
pour penser, construire
comme un réseau de nerfs –
terre domestiquée,
paysage humain –
les restanques

Brigetoun (son blog)

Vague après vague
L’homme édifie le temps
En quête d’un ciel

Bourrache

Vertes restanques
La vie qui se cimente
Travail de l’homme

Claudie

Sans liant ni mortier
en défi d’équilibre
les pierres empilées

Pierre (2) (son blog)

Terrasses où le raisin mûrit,
Terrases où les vendanges sont rudes,
Terrasses où le soleil flamboie,

Terrasses où l’on reçoit ses amis,
Terrasses où les femmes se bronzent,
Terrasses où la sieste est privilège,

Terrasses où je commande un café,
Terrasses où la parole est d’argent,
Terrasses où je regarde les belles passantes.

Terrassé, je vous quitte d’un pas léger.

Olivier (son blog)

96 réflexions sur « Mortier »

  1. Joli… joli… joli…

    Terre et Pierre
    S’unissent en terrasse
    La Vie engendrée

    … Et belle nuit… à toi… à vous…

  2. pétri dans la lumière,
    dans l’air, dans tes arbres,
    la poussière et l’odeur
    piquante des herbes,
    je te hume, t’avale,
    ma civilisation.
    Vieille science des pierres,
    sobriété de l’ombre
    et longue patience
    mise depuis toujours
    pour penser, construire
    comme un réseau de nerfs –
    terre domestiquée,
    paysage humain –
    les restanques

  3. Fini le blé, l’orge.
    Ces terrasses à l’abandon,
    Marches de géants ?

    Vestiges des temps qui passent
    Ces murets à l’infini.

    Pierres et cailloux
    Abondante récolte
    D’un coteau en friche

    Témoignage suranné
    D’une époque révolue ?

    Ici ou ailleurs,
    On se pose la question
    De « vivre au pays » !

    kirikino (http://www.kirikino.biz)

  4. dans l’air crépitant,
    la savante ondulation des restanques,
    la terre et les pierres
    montées par les mains des hommes,
    les troncs poussiéreux
    et torturés par l’âge,
    la saveur des fruits,
    il flotte encore
    la trace des dryades,
    de leurs chants, des dieux, de la poésie.

  5. murets, parapets, terrasses ondoyantes
    qui suivent des lignes doucement fuyantes
    bandes de verdure qui s’appuient sur plus dur

    niveaux, gradins, sans gardiens
    espace délimité, sans nudité
    s’étagent lentement dans la pente

    maîtrise du relief et amoncellement
    ces pierres comme les modestes reliefs
    d’un repas qui tri et purifie

    Pierres plates délicatement posées
    parfois permettent de se reposer
    négligeamment appuyé

    retenir à la vue ce qui s’écoule
    et sans cesse entretenir ce qui s’éboule
    tel est dans le temps la perpétuation

    pas de fondations, juste un entablement
    c’est affaire d’habileté et mené rondement
    parfois il n’en reste que quelques traces

    le temps et la végétation sont passés
    et ont versé sur les lignes désordonnées
    une encre indélébile qui a tout effacé

    Bravo , photos extrémement parlantes
    pour le mortier il faudra imaginer cette main
    de l’homme qui caresse la pierre et la dépose
    comme invisible en la calant comme il se doit

    Bonne journée à toutes et tous

  6. Ecouter dans le repli des mots
    au creuset des mots non criés
    cette voix qui presse les mots
    qui nous soude comme mortier…

  7. Dans le silence J’arpente
    Ce torrent de verdure,
    Qui Dévale la pente
    Et Erode cette pierre dur ;

    Il détruit les soubassements.
    Qui s’affaissent et flanche.
    effaçant inlassablement
    Les traces de ces planches.

    Pyramide ou les trésors
    Poussaient à découvert.
    Et permirent l’essor
    De cette vertigineuse terre

    belle journée

  8. Terrasses, planches, faïsses (à rapprocher du sostellois « faissa »), bancels… me voici en Cévenne et ailleurs: mode de culture typique sur tout le pourtour méditerranéen. Un chef d’oeuvre avec ses escaliers de pierre ou ses échelles de bois pour passer de l’une à l’autre partie, ses pontons, ses canaux d’irrigation. Un paysage ci-devant horticole mais qui renaît, ici et là. Oliviers, châtaigniers, mûriers (anciennement, du temps de la soie), légumes (sur les plus basses en vallées), oignons doux comme en Cévenne, fleurs, etc.

  9. Un petit problème….le message est parti tout seul….mystère

    Vertes restanques
    La vie qui se cimente
    Travail de l’homme

    Bonne journée à tous

  10. Ossiane

    As-tu pu corriger les « bizarreries » de l’ordi?s’il te plait? Merci

    Verdoie mon amour
    Terrassé par ta beauté
    Paradis sur terre

    Bises à toi, Ossiane

  11. On chuchote aux veillées
    Que ces blancs murets
    Venus de lointaines avalanches
    Etaient jadis l’escalier
    D’un être gigantesque
    Qui faisait un pas
    Ses vingt-huit kilomètres

  12. Dans la montagne
    la pente gravie
    j’ai fait mon nid
    sur un banc posé
    un bancel de fougères
    te ferais une couche légère
    où nous nous reposerons
    la pente affranchie
    à flanc de montagne

  13. .
    0000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000
    .
    >>>>>>>>A tous :
    .
    Continuez-vous à voir s’afficher l’adresse email du visiteur précédent car je ne vois rien ce matin?
    .
    55555555555555555555555555555555555555555555555555555555555555
    .

  14. Bonjour à toutes à tous,

    Terrasses où le raisin murit,
    Teraases où les vendanges sont rudes,
    Terrasses où le soleil flamboit,

    Terrasses où l’on reçoit ses amis,
    Terrasses où les femmes se bronzent,
    Terasses où la sieste est privilège,

    Terrasses où je commande un café,
    Terrasses où la parole est d’argent,
    Terrases où je regarde les belles passantes.

    Terrassé, je vous quitte d’un pas léger.

    Superbes photos chère Ossiane !
    Bisous,
    OLIVIER

  15. >Claudie:
    Ouf, ça me rassure;-) Pourtant, ma demande auprès de l’équipe technique ne semble pas prise en compte. Ils ont dû faire quelque chose. Mais du coup, les cases ne sont plus préremplies;-)

  16. terrasses qui arasent et aplanissent
    nivellent et ainsi là définissent
    ce que peut être un espace de vie

    liens étagés pour mieux partager
    les provendes , pas prébendes
    qui sont dures à gagner

    et ces strates auxquelles il faut se fier
    de la verticalité prête à défier
    assoient une vraie constance

    et ces parois montées patiemment
    qui défient temps et gravité
    sans manquer d’une réelle beauté

    bloquent et retiennent
    suspendent et soutiennent
    ces balancelles sur fond de ciel

    et nous raménent à Saqqarah
    au génie d’Ihmotep
    pour s’élancer à l’assaut

    Peu importent les pierres
    schistes et lauzes
    elles défendent une belle cause

    félicitation à jeandler et à son inventivité incroyable

  17. L’Amour,
    mortier de la vie,
    bâtit des terrasses
    dans notre coeur
    pour y semer
    l’herbe et les fleurs,
    la tristesse et la joie.
    Il y a toujours
    Une terrasse
    a être construite.
    Ah! l’Amour.
    mortier de la vie!

  18. Sur un tapis volant…

    Dans un voyage peu ordinaire
    sur un véritable tapis persan
    avec un charmeur de serpent
    j’ai doublé un vol de chimères

    fumant des narguilés d’encens

    le voyage fut bien sûr salutaire
    de haut on revoit son enfance
    on revit sa jeunesse, immense
    est le voyage si loin de la terre

    pour s’envoler dans l’insouciance

    Et retrouver les vertes terrasses
    où les hommes de bonne volonté
    de Nazca du Potala aux pyramides
    du désert au mirage de l’Amérique

    ont posé les briques de l’éternité…

  19. Et si l’homme…

    En métaphores en dédales de concepts philosophiques des ménades en sage Silène en hampe rose de sang de la psyché d’Aurélia de Nerval.
    Psychédélique enivrent Satyre dès la han folie de Bacchus en explosion de mots désire d’Ariane j’affectionne un Apollon Dionysos. l’art d’une esthétique d’un savoir en archange dans l’ère des songes ou sous ma palette en écho amoureuse de narcisse j’élève au rang suprême le désir remords en antique égérie.

    Petit texte retrouvé sur la folie des hommes, de mes mots, de … ;-))
    Je t’embrasse Ossiane

  20. quand les retanques sont plus faciles à cronstruire avec des mot qu’avec des pierres et cette sacrée terre
    Nous sommes très beaux tous les cinq, je trouve

  21. ( … heu … troisième essai, les deux premiers se sont perdus dans le labyrinthe d’internet, je suppose …)
    ___

    ‘rci, Ossiane.

    Brigetoun :

    C’est vrai … belle photo de famille.

    Biz à tous (même à ceux qui ne sont pas beaux !).

    Clin d’oeil et sourire.
    ___

    Belote, rebelote et dix de der.

    Ai-je gagné ?

    Envoi.

  22. Foulées creusant le sable,
    empreintes digitales,
    coeurs gravés dans la peau des arbres,
    filets de graffiti sur les murs d’un cachot,
    rides et cicatrices
    en quoi une vie se résume
    encoches de bâton
    noeuds de mouchoir,
    tatouages
    à la teneur d’archives ou de pedigree,
    signes de quelque chose qui s’est passé
    ou allait se passer

    même à jamais perdues
    ces traces
    persistent peut être à peser
    de toute leur minceur
    sur l’inanité du rien

    Michel Leiris (extrait de « Fissures » )

    > J’aime également le charme de ces villages « suspendus » comme on en trouve en Balagne (Sant’ Antonino ) et Cordes (Tarn) où je suis passée il y a quelque temps..vaisseau de pierre ancré dans l’azur et dont Camus parlait en ces termes : « Le voyageur qui , de la terrasse de Cordes , regarde la nuit d’été, sait ainsi , qu’il n’a pas besoin d’aller plus loin et que ‘s’il veut, la beauté ici, jour après jour , l’enlèvera à toute solitude »
    Voilà ma petite contrib du jour;)
    Belle fin d’après-midi à tous

  23. et je me joins à Brigetoun, d’autant que ces terrasses sont toujours à refaire et la terre à remonter; on peut vraiment saluer la témérité de ces hommes-là.
    Je t’embrasse, Ossiane

  24. Le quintet est fort harmonieux

    Ces ouvrages ne sont pas seulement le symbole de l’opiniatreté de l’homme qui sans cesse talute, transbahute, et s’évertue à dompter
    ces pentes. C’est aussi un mode de culture quasi universel en zone montagneuse.Dans le sud de la chine, notamment, la riziculture tient du mircale avec la nécessité, en plus, d’irriguer en continu et donc de puiser et de distribuer cette eau. Gérer les captages, dépasser la mousson et toujours ce travail si fastidieux et périlleux.

    Ah je voulais vous faire partager une relcture de vacance, un ouvrage dense et fort illustré sur la richesse de la langue « surpris ou étonné » le souffle des mots chez Larousse, d’alain duchesne et de thierry leguay.

    très bonne soirée en pente douce pour accompagner la descente du jour et ces jeux/jets d’ombre projetés alentour.

  25. J’adhère totalement aux propos de Brigetoun et Pierre2. Ces travailleurs de la terre méritent d’être honorés.

    Merci, Ossiane d’être parmi ce quintet

    Bonne soirée à tous

    >merci également à Thierry

  26. Brigetoun, Bourrache, Claudie, Pierre (2) et Olivier
    bravo a vous cinq

    par le ciment de vos mots
    et depuis les terrasses
    on distingue et remonte les pierres du temps
    jusqu’au lointaines civilisations

  27. Ma chère Neyde comme ton écrit est joli… et je te rejoins dans ton manque…
    Bise vers toi et le Brésil

  28. Très en retard ce soir alors très vite en passant…

    >Maria-D :
    Trois jolis pour trois photos et trois vers 😉 Merci à toi

    >Brigetoun, Pierre (2), Claudie, Olivier, Bourrache :
    Le mortier vous a réunis, ce ciment qui scelle aussi les amitiés 😉 Merci pour vos belles approches. Brigetoun, ça te réussit de mieux en meiux les longs poèmes. Merci Pierre pour ton partage d’informations sur ces plates-formes herbagées que tu connais bien ainsi que pour tous tes autres beaux poèmes. Même chose à Claudie. Bourrache, je t’ai libérée mais sans avion présidentiel 😉 Bises à vous cinq.

    >Bonbonze :
    ;-))

    >Marc :
    En général, tu démarres doucement avec de courts poèmes pour te mettre en jambe et après c’est parti 😉 Merci pour tout !

    >Kirikino :
    Comme tu dis vrai ! D’où vient cet abandon… Tu as écrit plus qu’un tanka aujourd’hui, non ? Merci pour la justesse de tes mots et sensations.

    >Thierry :
    J’ai retrouvé ton commentaire dans les spams, je t’ai libéré 😉
    Quand on lit tes poèmes, on doirait que tu as construit des restanques toute ta vie, serais-tu un grand bâtisseur 😉 Merci pour tes références et ton regard sur la Chine que tu sembles connaître aussi, la bise.

    >Sven :
    Hello ami Sven, te voilà revenu parmi nous avec tes mots choisis qui scellent l’amitié mais aussi tes envols persans et tes voyages par delà les mers et les montagnes. Pas besoin de se déplacer avec toi 😉 Beau voyage que le deuxième. Bises à toi.

    >Tay :
    Bonsoir, contente de te revoir par ici 😉 Ta plume est vive et imaginative, serais-tu intéressée pour participer à ces mises en lumière ? Merci pour ton beau poème.

    >Annick :
    Bonsoir Annick, je te sens interrogative 😉 Beaucoup de travail de la part de ces gens pour parvenir à survivre mais aussi des familles qui se sont installées et ont fait vivre la région. Bises.

    >Neyde :
    J’aime beaucoup ton poème, j’ai failli le choisir justement pour ce mortier de la vie que tu évoques. Merci belle poétesse de l’amour.
    Bernard me manque aussi. Je vais aller commenter son poème. J’espère que tu vas bien Bernard car on pense à toi?

    >Bruno :
    My God, tu m’impressionnes, Bruno ! Comment fais-tu pour sortir cette belle suite échevelée de ton « toi » ? Ta prose explose dans tous les sens; Dionysos est-il passé par là 😉 Merci, je t’embrasse.

    >Alix :
    J’aime toutes ces allusions poétqiues aux empreintes laissées par l’homme sous formes de signes, d’objets, de graphismes. Merci de l’avoir porté à notre connaissance ainsi que pour ta belle pensée du jour. Je vais regarder les étoiles ce soir 😉
    Bientôt Sant’Antonino…

  29. Brigetoun, Bourrache, Claudie, Pierre (2) et Olivier
    Je vous embrasse fort.

    Doit être vraiement un travail très lourde, mais le résultat est très beau et bon.

    Olivier,
    bises du Brésil.

  30. >Ossiane : tout le plaisir est pour moi…et si tu apprécies c’est tant mieux (en fait , je craignais d’être hors sujet!)
    Bravo absolument aux cinq élus du jour … Neyde et Maria: même chose 🙂
    Très bonne fin de soirée à vous tous

  31. Maria-D
    Les bises sont venues chez moi.
    Je te lis lorsque tu écris sur le blog.
    La difference de l’horaire me permets cela.
    Je pense d’être la première a boire tes mots, tes vers.
    Tu me manques, mon amie.
    Gros bisous.

  32. J’ai besoin de lenteur
    pour apprécier les choses
    et il y a dans ces murets
    comme de la lenteur
    un très grand escalier
    pour monter
    jusqu’en haut
    du ciel
    lentement
    tout en haut
    de nous mêmes…

  33. >Alix:
    Pas de hors sujet du tout;-) N’ai-je pas évoqué les empreintes humaines? En fait, j’aime bien ces signes disséminés dans la nature qui peuvent évoquer, passé, abandon, absence etc… C’est un beau texte. Bonne soirée!

    >CéliaK:
    Jolie rêverie ascentionnelle, Célia, je n’aurais pas pensé à ça;-) J’aime aussi la lenteur, faire les choses l’une après l’autre comme cette montée d’escalier et non faire tout en même temps. Bises du soir.

  34. très beau céliak,
    mais tant de beaux mots, et déjà ceux dessous les photos,
    comme Bruno,, j ai du mal un peu à suivre, si lente assoupie ce soir..et tant tant de beaux textes, vous êtes tous chouettes et séduisants..
    bonne soirée.

  35. >Annick:
    Pourquoi ne pas faire la pause tout simplement pour prendre le temps de lire, savourer et de penser. Tu donnes tant déjà. Bonne soirée à toi.

  36. C’est ce que je fais en me régalant doucement entre deux eaux, je lis, je pense, je lis encore, je me délecte de beaux textes, je me repose doucement, merci à chacun de m’offrir autant…

    ce soir elle se laisse s’endormir sur une terrasse en haut, tout en haut, et puis le souffle du vent et elle tombe d’un étage sur un tapis de feuilles et se rendort, un petit lapin la bouscule et elle tombe encore sur une touffe d’herbe et rentre dans son somme et chacun à son tour la fait rouler d’amour en la poussant juste un peu pour la réveiller tendre, et elle s’endort tranquille dans de toutes petites mousses pour s’éclipser en douce en mine de rien, tellement…et ses ronfements d’ôôOOOÖÖ¨se gloussent avec tendresse.

  37. Ces photos racontent tellement de choses, Ossiane. A chaque pierre ses mots (ou plutôt ses maux…)
    Incroyable la qualité des écrits qui en jaillissent, comme d’une source cristalline.
    Aujourd’hui, en effet, je t’ai posté spontanément une succession de tanka avec un haiku pour terminer. L’ensemble constitue (je présume) un renku (forme jusanbutsu).
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Tanka
    A bientôt et amitiés à toutes et tous.

    Kirikino (http://www.kirikino.biz)

  38. Pierre,
    Tour à tour et en même temps encyclopédique, mutin, philosophe, technicien, poète, historien, amoureux, tu nous offres aujourd’hui un festival de tes talents divers et variés!

  39. tu as raison de le souligner, Annemarie. Merci pour tes talents Pierre.
    Merci aussi à Maria pr cette vidéo magique chez Pierre.Je ne dis pas assez MERCI à chacun de s’offrir vivant.

    MERCI
    merci de tant
    A VOUS
    êtres vivants
    TELLES CES PIERRES
    offertes
    AUX REGARDS
    ouverts

  40. Pour survivre de tout temps
    L’homme besogna, modelant
    La terre qui le nourrissait.
    Mais la terre, obéissant
    A la loi de l’exploitant,
    A son tour le façonnait.
    Qui peut dire maintenant
    De la glaise ou du croquant
    Lequel était le premier ?
    Ensemble ils résistent au temps
    Qui passe et, bon an mal an,
    A la force du poignet,
    Du soleil, du cœur, du vent,
    Pour toujours seront amants
    L’homme et la terre enlacés.

  41. Pas de géants
    s’écroulent. Sous le ciel
    sanglots de pierres

    Pas de géants
    s’écroulent. Sous le ciel
    toujours, la fourmilière.

  42. « Mortier » Bonnet des magistrats de la Cour des comptes!!!! cette fois c’est vraiment hors sujet!!!! quoique……je plaisante.

    Lu Bernard sur Ecorce, très joli, très ressenti, très vrai.
    Alix, j’ai également noté cette phrase de Camus très belle sur une petite place de Cordes. Je n’ai pas vu Cordes au clair de lune mais sous le soleil du printemps avec la vue sur un grand champ de lin en fleurs, il était bien question de Beauté .
    J’ai beaucoup apprécié les mots posés par Jeandler entre autre celui où il est question du « defi d’équilibre »
    Celiak, comme toi et Ossiane, je trouve que savoir prendre son temps c’est vraiment apprendre à vivre dans le temps qui nous est imparti.
    Bravo et Félicitations aux nomminés, même si ce n’est pas le prix Goncourt, ni le Renaudot mais on y vient….ou on y va, pourquoi pas ?

    Sur ses flancs escarpés
    La main de l’homme s’est posée.
    Des milliers de petites pierres
    Taillées, placées une à une
    Pour maitriser la terre,
    Dans le respect des traditions,
    Dans le respect de la nature,
    Sans pelles mécaniques
    Ni bulldozers,
    Avec tout le savoir faire, La force et le courage
    Pour passer de l’inculte
    A la terre nourricière
    Et dans ces murets
    Que le temps a scellés
    Retenir la Vie.

  43. Un petit muret
    Et la main ne résiste pas
    Elle se pose fort délicate
    Et elle ressent la chaleur
    De la main qui a posé
    Cette pierre un jour
    Il y a longtemps
    Mais dans le même espace
    Temps
    Finalement
    La vie
    C’est juste un laps de temps

  44. l’Homme se passe
    la pierre reste
    résiste au vent
    à la pluie au soleil
    des ans
    et des ans
    le grain de sable
    est loin encore
    la pierre rêgne

  45. Sont dessinées bien sagement
    Les allées de pierres posées
    Même les fantomes on les ressent
    Ces grands ombres marchées
    Elles veillent sur leur serment
    De tenir toute une éternité

  46. >Annick:
    Tu as raison, les hommes disparaissent mais les pierres sagement alignées résistent au travail du temps. Merci pour tous ces beaux poèmes. Douce nuit à toi, Annick!

    >Kirikino:
    Je suis contente que ça vous inspire; je ne suis pas toujours sûre de moi, tu sais;-) OK pour l’enchaînement inhabituel. Il va falloir que j’aille voir ça d’un peu plus près quand j’aurai un peu de temps devant moi. Merci pour ton lien , bonne nuit !

    >Anne-Marie:
    Hello! You are back;-) Tu as vu, je fais moins long en ce moment;-)
    C’est beau! Magnifique poème que tu as écrit avec cette osmose parfaite entre terre et homme! Quel talent, chère Anne-Marie! L’air iodé a du bon;-) Je t’embrasse!

    >Jo:
    Quelles belles et étonnantes images tu as choisi! Paysage de lilliputiens sous les pas du géant. Ce sanglot a un son si particulier. Merci, Jo, je t’embrasse.

    >Monique:
    Petite chronique nocturne fort agréable à se mettre sous la dent;-)
    Un bonnet de magistrat, c’est hors sujet oui;-) Tout comme les coups de canon;-)
    Beau poème bien senti sur la vie des campagnes, Monique. Même si c’était difficile, le désir de beauté accompagnait ces hommes quand ils construisaient ces petits murets avec leurs mains. Des artistes sans le savoir. Bonne nuit à toi, je t’embrasse.

  47. merci à Bernard pour ses mots dans peau de chagrin, gloups de youps mes mots sont restés coincés, c’est ainsi quand c est fort, ou je parle vite ou je silence..
    et je serais heureuse de revoir noisette et aurélie, et d’autres…
    C’est si bon de serrer tout chaud.. sourire! belle nuit!

  48. Les fondations d’une vie
    Pensent maîtriser
    Cette Nature sauvage
    Qui aime sa liberté
    Et qui rêgne en maîtresse
    En exigeant nos genoux
    A ses pieds
    Souveraine
    Car si elle peut être belle douce
    Elle se montre aussi
    Impitoyable
    Imprévisible
    Inaccessible
    En telles soifs de se vivre
    LIBRE

  49. Comme des phares !
    Sur l’écume de la terre
    des bâtisses immobiles
    résistent aux bourrasques du temps
    aux vagues du vent
    qui érodent
    grain à grain
    pierre à pierre
    ces terrasses ondulantes
    réduisant l’œuvre des hommes en poussière.

    la brûlure de ce passé
    calcine la force,
    la transpiration et la patience
    de ces enfants
    de ces hommes et ces femmes
    et les répand comme ces cendres
    sur la surface rugueuse et vivante
    dans un éternel recommencement

  50. TIR DE MORTIER

    Un panier de basket, là, planté
    au bord d’un terrain vague miné
    une pluie sale lourde compacte
    des odeurs fortes de terre acre

    saisissent et serrent la gorge…

    Sa jambe n’est guère plus grosse
    que les béquilles qui le portent
    pioche sa force dans ses veines
    collées sur les os par les années

    Moi, j’ai perdu l’envie de parler…

    Les paroles qu’il prononce parfois
    quand la pluie se décide à tomber
    quand la mousson écrase les toits

    Lui permettent à lui de marcher…

    Le ton employé reste sans hostilité
    sans mot rajouté sans effet de voix
    la vérité doit avoir je crois ce ton là

    Un tir lointain chasse un oiseau vert
    une coulée de lave noie l’ empreinte
    Le fleuve trace dans le vif de la terre

    Comme un trait sur un oeil écorché…

  51. Pierre le cévennol a réagi comme moi face à ces paysages. Mon arrière grand mère habitait au dessus de Vals-Les-Bains en Ardèche un hameau au milieu des faïsses (les terrasses). On y retrouve les mêmes techniques, les mêmes paysages. Mais hélas aussi les mêmes signes de l’évolution, de la déréliction : des murs effondrés, des arbres qui ne sont pas forcément à leur place et qui par leurs racines vont à leur tour entrainer les murs vers l’aval dans l’effondrement. Les trois photos témoignent de la même dynamique paysagère, sur chacune d’entre elle les murs s’effondrent et les résineux gagnent. Le paysage est essentiellement changeant…
    PS pour le linge qui claque au vent il fallait avoir l’oeil… (ouvert !-))

  52. Bonjour, Ossiane, Une petite rectif. … sa jambe n’est guère plus grosse…
    pardon pour le dérangement, à bientôt, bonne journée un peu perturbée ce matin… je m’en vais d’un pas lourd…

  53. sven

    tes mots sont toujours très émouvants
    merci de ce partage
    qui j’espère sera lu par beaucoup de visiteurs
    car que ce soit sur la guerre ou d’autres
    sujets plus légers, tu as un talent que j’admire
    j’espère qu’un jour à moins que cela ne soit deja fait
    tu puisses écrire et te faire éditer .
    merci

  54. Chère Ossiane,
    Merci de m’avoir choisi avec ces quatre talentueux écrivains que je félicite !

    Ma Brésilienne préférée, ma Neyde, je t’ai envoyé une carte sur tes deux mails, mais un ne fonctionne jamais « yahoo ». Je ne t’oublie pas, loin de là !
    Je t’embrasse,
    Toi aussi chère Ossiane et tous !

    OLIVIER

  55. Marc,
    j’ai beaucoup hésité à écrire, sans en prendre vraiment le temps ce texte sur les ravages de la guerre… cela dénotait tellement avec le pas léger l’Olivier, et puis je ne voulais pas comme le dit Ossiane, faire résonner un bruit de canon… seulement, laisser une empreinte à ne pas effacer trop vite…
    Merci beaucoup pour tes encouragements Marc, ce ton de sincérité que je perçois dans ta voix nous touche très fortement, c’est ce ton que je ressens dans ton dernier poème, les mots se précisent, se pressent, cherchent leur voie et finissent par nous retourner… Ce sont ces mots là qui feront leur chemin dans l’espace infini de nos coeurs d’homme, crois-moi,toute mon amitié vers toi.

  56. Que retenir à la volée dans les filets de vos lectures

    que ces murs sont des équilibristes pas tristes
    des funambules qui serpentent sans déambuler
    témoignages et mémoire en guise de gages
    ils se donnent encore à voir disjoints et parfois
    effondrés comme si on n’avait su à temps
    leur prêter une main secourable
    afin de les aider à se relever
    Ils ne tiennent pas indéfiniment
    n’ont pas d’horizon éternel
    mais ils tiennent parce la chaîne
    celle du temps et des hommes
    accomplit ce miracle de la transmission
    ce sont des murs courroies
    plus que parois
    Raides ils ont besoin d’aide
    vivant ils ne font pas semblant
    moins séparatifs qu’ exhaurtatifs (?)
    ils retiennent non seulement
    la fuite du temps calibrée
    mais aussi l’épanchement
    savament distillé.

    En islande la reconquète des territoires perdus se fait en partie
    avec ces murets de pierre sombre volcanique
    qui bloquent les effets du vent arctique
    fixent des espèces et offrent un havre de paix
    mais ces murs sont faits et refaits, entretenus
    depuis mille ans que les hommes d’éric
    ont amené les ovins qui la forêt
    ont totalement saccagé
    faisant de cette ile
    un désert froid
    et même glacé.

    Merci Sven pour ce tir croisé
    canasta
    difficile de ne pas développer ce mortier 🙂

    merci à tous de cette inspiration que vous me donnez
    et qui faites puiser dans les souvenirs et maigres savoirs
    pour essayer dignement de partager

  57. >Annick:
    Hé oui Annick, dès que l’homme abandonne le terrain, la nature reprend ses droits; c’est rassurant de savoir qu’on ne puisse pas la dominer. Bonne journée!

    >François, le géographe des paysages:
    Ah, merci d’intervenir quant à ce paysage de restanques que tu connais si bien;-) Eboulements, usure, abandon, la forêt reprend le dessus… que faire pour préserver ce patrimoine rural…
    Oui, l’oeil en alerte;-) Je n’ai vu que le linge, symbole de vie sur ces terrasses en voie d’abandon;-) Bises au jardinier de Marandon.

    >Marc:
    Grande puissance de tes mots ce matin! Belles images que cette écume de la terre, cette poussière, ces cendres, ces grains. Bravo Marc!

    >Sven:
    Tu as bien fait de mettre ton texte sur ces coups de mortier car j’y avais pensé aussi quand j’ai choisi le titre. Le son du canon puis le grand silence, la mort et les blessures… Ton poème est bien sûr très émouvant comme la plupart de ce que tu écris. Marc a raison, tu devrais essayer de te faire éditer. Bonne journée quand même; j’espère que tu n’as pas de trop de problèmes aujourd’hui. BIses.

    >Thierry:
    Tu as tout résumé dans ta dernière intervention… la force de ces murets, la symbolique qu’ils représentent et la puissance de la transmission entre les hommes. J’aime cette idée de murs courroies.
    Désolée, je ne connais pas « exhaurtatifs » 😉 Merci à toi.

  58. sven
    encore un petit texte ..et je m’arrete

    moi qui n’ai jamais vu
    les éclaires de la mort
    moi qui n’ai jamais entendu
    le tonnerre du mortier
    tes des mots résonnent
    dans mon cœur
    comme une cloche
    du haut de son beffroi
    Qui émet des sons graves mais clairs !
    Et m’éclaire sur l’effroi de ces guerres!
    Qui disloque ses chairs,
    Si chers à nos cœurs,
    Et diffusent leurs ondes même
    Après les coups de plumes,
    même après les coups de cannons!

  59. Ossiane

    Juste ma tête qui délire ;-)) rien de grave docteur ! Mais je vais le republier ce texte il me plait 😉 Il faut bien être un peu narcissique :-))))))

    Je t’embrasse

  60. merci de me corriger mes erreurs plus grosses que moi…sourire!
    souveraiNe et de telleS soifs.. merci grand Ossiane.

    je rejoins Marc, sven, c’est fort beau ton écrit! si fort ! j aime la force de vie même si parfois elle nous perd! bises! merci à toi aussi Marc!

    Et vous pouvez me pilonner
    M’envoyer des coups de mortier
    Mon âme est mienne
    Mon coeur est mien
    Et je les garde
    Je m’aime envie
    Mon précieux bien

    Bises à tous, le soleil brille, je vous envoie de chauds rayons, d’ailleurs je ressors dans une heure.

  61. En écho au texte de Sven… je fais appel à Prévert

    « Chanson dans le sang

    Il y a de grandes flaques de sang sur le monde
    où s’en va-t-il tout ce sang répandu
    Est-ce la terre qui le boit et qui se saoule
    drôle de saoulographie alors
    si sage… si monotone…
    Non la terre ne se saoule pas
    la terre ne tourne pas de travers
    elle pousse régulièrement sa petite voiture ses quatre saisons
    la pluie… la neige…
    le grêle… le beau temps…
    jamais elle n’est ivre
    c’est à peine si elle se permet de temps en temps
    un malheureux petit volcan
    Elle tourne la terre
    elle tourne avec ses arbres… ses jardins… ses maisons…
    elle tourne avec ses grandes flaques de sang
    et toutes les choses vivantes tournent avec elle et saignent…
    Elle elle s’en fout
    la terre
    elle tourne et toutes les choses vivantes se mettent à hurler
    elle s’en fout
    elle tourne
    elle n’arrête pas de tourner
    et le sang n’arrête pas de couler…
    Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
    le sang des meurtres… le sang des guerres…
    le sang de la misère…
    et le sang des hommes torturés dans les prisons…
    le sang des enfants torturés tranquillement par leur papa et leur maman…
    et le sang des hommes qui saignent de la tête
    dans les cabanons…
    et le sang du couvreur
    quand le couvreur glisse et tombe du toit
    Et le sang qui arrive et qui coule à grands flots
    avec le nouveau-né… avec l’enfant nouveau…
    la mère qui crie… l’enfant pleure…
    le sang coule… la terre tourne
    la terre n’arrête pas de tourner
    le sang n’arrête pas de couler
    Où s’en va-t-il tout ce sang répandu
    le sang des matraqués… des humiliés…
    des suicidés… des fusillés… des condamnés…
    et le sang de ceux qui meurent comme ça… par accident.
    Dans la rue passe un vivant
    avec tout son sang dedans
    soudain le voilà mort
    et tout son sang est dehors
    et les autres vivants font disparaître le sang
    ils emportent le corps
    mais il est têtu le sang
    et là où était le mort
    beaucoup plus tard tout noir
    un peu de sang s’étale encore…
    sang coagulé
    rouille de la vie rouille des corps
    sang caillé comme le lait
    comme le lait quand il tourne
    quand il tourne comme la terre
    comme la terre qui tourne
    avec son lait… avec ses vaches…
    avec ses vivants… avec ses morts…
    la terre qui tourne avec ses arbres… ses vivants… ses maisons…
    la terre qui tourne avec les mariages…
    les enterrements…
    les coquillages…
    les régiments…
    la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
    avec ses grands ruisseaux de sang. »

    J. Prévert / Paroles

  62. >Ossiane: oui alors on est dans le néologisme absolu et absolument débridé;)) exhorter, exaucer, exhaure, exhausser, exhaustif, exhaustion, bref c’est plus que tiré par les tifs, tiré au pif.

    le mortier devrait être mis au pilon
    qu’il soit à trajectoire parabolique
    personne n’en doute dans l’oblique

    mais dans le pilon aux graminées
    on prépare la farine aux galettes
    sans l’aide des gras minets

    Le mortier a eu son président
    pas une histoire de camembert
    il en aurait été tout vert

    Le mortier ne fait pas de quartier
    il ravage et horripile, tombe pile
    c’est terrible de voir ces charniers

    Le crapouillot fut son surnom
    court et trapu jamais repu
    hachant fin et menu

    désolé de cette verve guerrière
    quelques démons à démonter
    pour bien loin les repousser

    Bonne après midi ensoleillée, promenade en vue
    salut du midi toulousain

  63. A Maria, Ossiane,

    J’ai pris le temps de lire ce poème et j’entends le sang battre son pouls dans la cage de mes tempes…ce sang répandu, qui rouille, qui s’écoule de nos ventres, qui s’étale, qui coagule, qui coule à flots… peut-on l’endiguer ? …ce sang qui rougit la terre, qui se mêle à la latérite, lui donne sa couleur me fait penser aussi à un film : Blood diamond…du diamant au …sang… en passant par le coeur de l’arbre… fil rouge conducteur, Ossiane.

  64. merci maria
    ca me donne envi de relire prévert

    ce flot de parole,qui comme un fleuve qui charri notre monde
    dans une ronde infernale.

  65. Que de belles couleurs, un vent chaud, l’été à vif sur ton site ! Chaleur térébrante, parfums et rêves sauvages… Quant à moi, j’étais au Nord (pas si loin, mais de caractère aussi, le Nord-Pas de Calais !) entre les dunes, le ciel et les vagues (un peu froides…) Amitiés !

  66. peut-être un jour, devrons nous réapprendre à exploiter ces terrasses.
    (Le pétrole s’épuise, les agrocarburants prolifèrent)
    Et la patience sera reine.

  67. >Maria-D :
    Merci Maria pour ce texte douloureux qui transperce profondément. Bonne soirée à toi.

    >Thierry :
    Tu malaxes les mots comme le mortier 😉
    Hé oui, ce mot de mortier est terrible car il peut à la fois cimenter les relations humaines ou les détruire. Merci pour ton poème qui en dit long. Bonne soirée aussi.

    >Sven :
    Cette vision sanguinolente est terrible Sven. Je n’ai pas vu le film dont tu parles mais je le mets dans un coin de mon esprit le moment venu. Bien à toi.

    >Fugitive :
    Bonjour Fugitive, grosse différence de température de couleurs entre ton nord et ce sud 😉 Tes dernières notes et photos sont superbes ; je vais venir te voir. Bise à toi.

    >Salade :
    Oui bien sûr pourquoi ne pas restaurer ces terrasses mais faut-il encore trouver du monde pour venir y habiter et les exploiter. Je me demande où vont travailler les jeunes corses et s’ils sont attirés par les métiers ruraux. Bien à toi.

  68. l’eau
    en silence
    s’avance
    sans violence
    les pieds trempent
    dans la flaque

    écouter
    l’espace
    entre les mots
    saccagés
    les notes
    en désaccord
    et rester
    seul
    déboîté

    le linge sale
    les coquilles vides
    les pièces déshabitées
    où l’angoisse
    s’intercale
    se hisse
    et nous froisse
    comme du papier

    les images
    s’enfoncent
    s’enlisent
    atteignent
    le fond des choses
    où rien ne bouge

    demain
    la lumière
    peut-être
    s’épanchera
    sur la toile
    se livrera
    astraite
    un peu décalée…

  69. Elle est émouvante cette maison, en bas des escaliers, moi, elle m’émeut beaucoup, une famille a vécu là, ou c’est un lieu d’engrangement de récoltes, le mystère demeure, il s’ajoute à d’autres mystères, la vie est ce mystère que juste lui seul connait pour se vivre de se vivre, quand l’âme vit sa vie en belle liberté d’aimer au plus près.

  70. Merci à Maria-D de nous avoir permis de relire ce texte de Prévert si pathétique en écho aux écrits de Sven qui sait et ose dire.
    Très certainement et je suis en accord avec lui, il ne faut pas se taire. Dans le dernier texte de Sven très réaliste, qui laisse transparaitre l’angoisse, les derniers vers sont comme une fenêtre qui s’ouvre sur l’espoir, un peu en « décalé » encore un peu abstrait mais espoir quand même.
    J’ai une impression de langueur ce soir, est-ce l’austérité du paysage dans cette campagne de Belgodère ou les commentaires qui en émanent, ou tout simplement ce vent glacial qui vient troubler cette chaleur sur ces terrasses ensoleillées et nous parle d’hiver…….
    Bonne soirée à tous ces poètes de talent et Bonne nuit.

  71. ps : je viens de retrouver ce texte de géographie qui intéressera Pierre :
    L’utilisation publicitaire des paysages de terrasses ; à propos des Cévennes et de l’oignon doux des Cévennes »
    Françoise Alcaraz . géographe.
    Depuis le milieu des années quatre-vingt-dix surtout, on observe un intérêt nouveau et multiforme pour les terroirs de terrasses de culture au sein des pays du nord-ouest du bassin méditerranéen. Le motif majeur de ce regain d’intérêt est culturel et patrimonial : de plus en plus, ces terroirs apparaissent en effet comme un patrimoine agraire à préserver, au même titre que les bocages et les zones humides.
    L’étude des terroirs de terrasses fait très vite ressortir un paradoxe dans une situation d’abandon massif et de nouveaux discours assortis d’un phénomène de redécouverte multiforme. Vues sous l’angle du terroir, les terrasses de culture ont fait figure d’archaïsme agraire, en particulier après la seconde guerre mondiale. Avec la modernisation de l’agriculture, elles sont devenues un non-sens économique. D’où l’abandon de versants entiers, jusque dans des vignobles aujourd’hui reconnus. Mais depuis peu, voilà les terrasses redécouvertes et valorisées, moins pour la qualité agronomique des terroirs que pour ce que leur architecture offre au paysage.
    Très vite on a donc pu assister à un changement radical de discours, également perceptible auprès d’une grande partie des agriculteurs concernés. De l’archaïsme voué à la disparition, les terrasses sont devenues porteuses d’une image nouvelle, sinon novatrice, et lieu de prédilection d’expériences culturales ou de retour à une agriculture saine, qu’elle soit raisonnée ou biologique. Elles représentent aujourd’hui un patrimoine agraire qui se double d’avantages tant agronomiques qu’économiques, leur image étant reprise et servie par la publicité. Comment ce paysage, par l’image qu’il renvoie d’un terroir particulier, contribue t-il à qualifier un produit alimentaire ?
    Etudes Rurales Janvier juin 2001157-158 : 195-210

  72. Mortier pas comme chaux éteinte
    qui prend la pierre dans son étreinte
    et qui à force de le manier vous éreinte

    Pour le gacher proprement et l’employer
    sans le gacher salement et le jeter
    il faut doser et lentement mélanger

    que ces parties intimement soient liées
    par cette eau voluptueuse étalée
    alors la bonne consistance trouvée

    voilà qu’il reste à le jeter, tasser, coller
    et dans le moindre recoin ou enfractuosité
    lui donner à mousser dans son onctuosité

    la truelle est un objet de choix qui receuille
    assemble et forclot comme dans un cercueil
    les blocs et moellons entassés en guise d’accueil

    La langue de chat et le fer à joint pour lisser
    ne sont pas de nature à vous faire plisser
    mais ainsi l’ouvrage bien haut va se hisser

    jamais on ne dira avec quelle insigne adresse
    la truellée précisément part à la renverse
    puisque enfin le mur fièrement se dresse

    les gestes sûrs et précis donne un récit
    et dans cette perspective qui rétrécit
    des parois on voit le profil qui s’épaissit

    Le fil à plomb et la régle assurent à l’ouvrage
    par un contrôle approprié d’éviter l’outrage
    d’être retoqué dans un vulgaire coup de rage

    et de contempler enfin assemblé le pan entier
    qui débouche pas bien loin au bord du sentier
    faisant corps, épousant le sol pas comme rentier

  73. >Thierry:
    Belle inspiration autour de ce mortier et de l’outil, la truelle et le fil à plomb! Tu es sans doute un grand bâtisseur pour parvenir à dégager auatnt de poésie. Bravo à toi.

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